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Mission : écrire la critique d'un livre, d'un film ou d'une exposition

Juger une œuvre avec précision et équilibre. L'éloge comme la réserve ont besoin de raisons.

FrenchC2 · Writing with authorityEnviron 19 min : 17 de lecture, 2 d'entraînementMis à jour le

À la fin de cette mission, vous saurez
  • Ouvrir sur une accroche et donner au lecteur les informations utiles
  • Évaluer avec un vocabulaire précis, au-delà de « bon » et « mauvais »
  • Équilibrer éloge et réserve avec nuance (si… c'est que…, à défaut de, il n'en reste pas moins que)
  • Appuyer chaque jugement sur un détail
  • Conclure par un verdict dont le lecteur peut tirer parti
Writing with authority: lesson 4 of 4
  1. C2 · Writing with authority
  2. Mission : rédiger l'éditorial d'un quotidien national 15 min
  3. Mission : écrire et prononcer le discours d'une cérémonie publique 13 min
  4. Mission : rédiger un rapport assorti de recommandations 15 min
  5. Mission : écrire la critique d'un livre, d'un film ou d'une exposition 19 min

Niveau Niveau C2 (autour du DALF C2). Français réel : la critique d'un magazine culturel ou du supplément d'un quotidien ; un type de texte proche de ceux que cite l'épreuve écrite du DALF C2 (article, éditorial, rapport, discours).

Le cas

Le cas : vous êtes Léa Brunet, critique indépendante. Nathalie Roussel, rédactrice en chef d'un mensuel culturel, vous a commandé la critique de Les Quais, la nuit, rétrospective imaginaire de la photographe Mireille Dassin (1931-2009) au musée de la Rade, à Port-Saint-Aubin. Elle attend environ 400 mots pour le numéro imprimé : les lecteurs décideront d'après votre texte s'ils font le voyage et achètent un billet ; il leur faut donc un avis net, des raisons et des informations pratiques. Vous travaillez à partir des trois documents ci-dessous.

(Documents fictifs.)

Document 1. Message de la rédactrice en chef

De : Nathalie Roussel Objet : Critique de l'exposition Dassin

Bonjour Léa,

Pour le numéro imprimé : la critique de la rétrospective Dassin au musée de la Rade, environ 400 mots. Nos lecteurs décideront d'après votre texte s'ils font le voyage et achètent un billet : il leur faut un avis net, des raisons et les informations pratiques. Le dossier de presse et vos notes de visite sont ci-dessous.

N. R.

Document 2. Dossier de presse (extrait)

- Les Quais, la nuit, rétrospective Mireille Dassin (1931-2009), musée de la Rade, Port-Saint-Aubin, jusqu'au 14 mars 2027. - 120 photographies ; aucune exposition de son vivant. - Ancienne secrétaire du port, Mireille Dassin photographie les quais de 1958 à 1974. - Série « Les Veilleurs » : une dizaine de portraits de gardiens de nuit. - Commissaire : Antoine Vasseur. Accrochage : Clémence Orsini. Parcours chronologique. - Catalogue avec un texte de la fille de la photographe.

Document 3. Notes de visite de Léa Brunet

- Dockers qui fument, marins épuisés, amoureux sous un lampadaire. Cadre toujours bas, lumière jamais forcée, visages qui consentent à l'objectif sans poser. - « Les Veilleurs » : un veilleur éteint sa cigarette près d'une grille ; tout le quai semble retenir son souffle, on entend presque le silence. - Salles très sombres : les cartels sont presque illisibles. - Dernière partie du parcours : les images, plus nombreuses, se répètent ; on pourrait en retirer une trentaine. - Dernière salle : un portrait de docker, mains sur les genoux, de face ; il soutient le regard du visiteur. - Catalogue sobre, bien imprimé ; le texte de la fille évite l'hagiographie.

Ce qu'une bonne solution exige :

  • les faits (quoi, où, jusqu'à quand) et une accroche dès les premières lignes ;
  • des jugements précis, chacun appuyé sur un détail, et non des adjectifs seuls ;
  • de l'équilibre : un vrai éloge et de vraies réserves, non une liste des deux ;
  • quelques nuances bien choisies (si… c'est que…, à défaut de, il n'en reste pas moins que), sans les entasser ;
  • un verdict qui dit au lecteur ce qu'il doit faire.

À titre de repère, l'épreuve écrite du DALF C2 dure 3 h 30 et comporte un seul exercice : un texte structuré d'au moins 700 mots sur une question donnée, à partir d'un dossier d'environ 2 000 mots, avec votre apport personnel. La critique n'est pas l'un des types de textes que l'épreuve nomme, mais elle en est proche (article, éditorial, rapport, discours) et demande la même maîtrise : une position, de la nuance, une structure claire.

Votre boîte à outils :

  • L'accroche : un fait surprenant ou un jugement tranché.
  • L'éloge étayé : d'une rare justesse : un cadre toujours bas.
  • La réserve motivée : l'ensemble paraît inégal parce que…
  • La concession : à défaut de lyrisme, elle a la patience.
  • L'équilibre : il n'en reste pas moins que…
  • Le verdict : Allez-y, mais…

Le vocabulaire d'évaluation (au-delà de bon / mauvais) :

  • Pour louer : saisissant, d'une rare justesse, sobre, convaincant, foisonnant, juste, une réussite, un parti pris assumé.
  • Pour réserver : laborieux, inégal, appuyé, démonstratif, poussif, répétitif, un défaut, une faiblesse, un échec.

Les tours de nuance. Si l'on sort un peu étourdi, c'est que… donne la raison en une proposition. À défaut de signifie « en l'absence de » : À défaut de lyrisme, elle a la patience. Il n'en reste pas moins que… rétablit l'équilibre après une concession. Employez chacun une fois.

L'éloge ou le défaut demande un détail. « La lumière est belle » n'apprend rien au lecteur ; « la lumière n'est jamais forcée » peut se vérifier.

Pour aller plus loin : le bloc pratique

Les informations pratiques tiennent dans une dernière ligne ou un encadré : titre, lieu, dates, tarif si le magazine le demande. La critique elle-même doit se lire comme une démonstration, où les faits n'entrent que s'ils servent. Ne mettez jamais votre verdict seulement dans l'encadré : celui-ci sert le lecteur qui a déjà décidé.

Vérification rapide

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Laquelle de ces phrases étaye le mieux son jugement ?

    Afficher la réponse

    Les portraits sont d'une rare justesse : un cadre toujours bas, une lumière jamais forcée.. un jugement est crédible quand un détail l'appuie.

Pourquoi c'est important

Cet exercice se pratique au service culture de tous les magazines et quotidiens, dans les podcasts et dans les notices de programme des institutions. Les lecteurs font confiance aux critiques qui sont justes et précis : une critique qui loue tout est de la publicité, et celle qui attaque tout est un numéro de scène. Ces compétences servent aussi au travail : évaluer une proposition, un appel d'offres ou un brouillon demande le même équilibre entre raisons, éloge et réserve.

La solution

La solution. La critique de Léa (texte original, noms et dates inventés) :

Dassin, la nuit sans fard

Il fallait du courage pour consacrer cent vingt photographies à une femme qui n'a jamais exposé de son vivant. Le Musée de la Rade en a eu, et l'on s'en réjouit : si l'on sort de la rétrospective Mireille Dassin (1931-2009) un peu étourdi, c'est que son regard ne laisse pas indifférent.

Pendant seize ans, de 1958 à 1974, cette ancienne secrétaire du port a photographié les quais à l'heure où les grues s'arrêtent : dockers qui fument, marins épuisés, amoureux sous un lampadaire. Rien de pittoresque pourtant. À défaut de lyrisme, Dassin a la patience, et c'est ce qui rend ses images si justes : un cadre toujours bas, une lumière jamais forcée, des visages qui consentent à l'objectif sans poser. La série des « Veilleurs », une dizaine de portraits de gardiens de nuit, est d'une rare justesse : on y entend presque le silence. Dans l'un des plus beaux tirages, un veilleur éteint sa cigarette près d'une grille, et tout le quai semble retenir son souffle.

La scénographie, hélas, est moins heureuse. Clémence Orsini, qui signe l'accrochage, a plongé les salles dans une obscurité si épaisse qu'on déchiffre mal les cartels, et le parcours, strictement chronologique, devient laborieux dans sa dernière partie, où les images, plus nombreuses, se répètent. L'ensemble paraît par moments inégal parce que le commissaire, Antoine Vasseur, n'a pas su renoncer à une seule épreuve : trente photographies de moins auraient servi l'œuvre mieux que trente de plus. Le catalogue, lui, est une réussite : sobre, bien imprimé, avec un texte de la fille de la photographe qui évite l'hagiographie.

Il n'en reste pas moins que ces défauts pèsent peu devant l'essentiel. La force de Dassin tient à un refus : celui de la belle image, du drame, de la pose. Elle regarde ses contemporains comme on regarde des voisins, avec égards et sans condescendance. Elle ne cherche pas à nous émouvoir ; elle nous oblige à regarder, ce qui est plus rare. Dans la dernière salle, un portrait de docker, les mains sur les genoux, de face, soutient le regard du visiteur et ne le lâche plus.

Allez-y donc, mais prenez votre temps, et si vous le pouvez, une lampe de poche pour les cartels.

Les Quais, la nuit, Musée de la Rade, Port-Saint-Aubin, jusqu'au 14 mars 2027.

Décompte des mots et règle de comptage : les mots sont séparés par des espaces ; la ponctuation isolée n'est pas comptée ; l'on, qu'on et s'arrêtent comptent pour un mot chacun, et 1931-2009 pour un. La critique compte 380 mots avec le titre et la ligne pratique, 362 sans.

Pourquoi ça marche :

  • Accroche et faits : la première phrase présente l'exposition comme un acte de courage, et la ligne pratique clôt le texte.
  • Éloge étayé : un cadre toujours bas, une lumière jamais forcée et la série des « Veilleurs » rendent le jugement vérifiable.
  • Réserve motivée : parce que le commissaire n'a pas su renoncer… explique le défaut au lieu de seulement le constater.
  • Nuance : à défaut de lyrisme reconnaît une qualité à la place d'une autre ; il n'en reste pas moins que… rétablit l'équilibre ; chaque tour n'apparaît qu'une fois.
  • Verdict : Allez-y donc, mais… donne une décision au lecteur, avec une pointe d'humour.

Français réel : un cartel est l'étiquette placée près d'une œuvre, l'accrochage la mise en place des œuvres, une épreuve un tirage photographique, la scénographie l'aménagement de l'espace d'exposition.

Erreurs fréquentes

Quatre faiblesses reviennent. Les adjectifs sans détail : wrong: Une exposition magnifique, très réussie et passionnante. L'entassement de nuances (peut-être, assez, plutôt, relativement) qui dilue le verdict. Le résumé ou la biographie qui prennent la place du jugement. Et un faux pas de langue : wrong: Si la salle est sombre, c'est à cause que le commissaire l'a voulu. À cause que n'est pas du français standard ; on écrit c'est que le commissaire l'a voulu ou parce que.

Vérification rapide

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Quelle phrase évite la faute ?

    Afficher la réponse

    Si la salle est sombre, c'est que le commissaire l'a voulu.. pour donner la cause devant une proposition, on dit c'est que ou parce que.

Mots clés

une critique
article qui juge une œuvre et argumente son jugement
un parti pris
choix assumé, position adoptée d'avance
foisonnant
qui abonde en idées ou en matière, parfois jusqu'au désordre
laborieux
qui montre l'effort et manque d'aisance
inégal
de qualité variable, bon par moments seulement
appuyé
trop marqué, qui insiste lourdement
une scénographie
conception de l'espace et de la mise en scène d'une exposition
un accrochage
disposition des œuvres sur les murs
un cartel
petit texte placé à côté d'une œuvre
à défaut de
faute de, en l'absence de
il n'en reste pas moins que
cela n'empêche pas que
d'une rare justesse
dont l'exactitude se rencontre rarement

Révisez les mots clés

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une critiquearticle qui juge une œuvre et argumente son jugement
un parti prischoix assumé, position adoptée d'avance
foisonnantqui abonde en idées ou en matière, parfois jusqu'au désordre
laborieuxqui montre l'effort et manque d'aisance
inégalde qualité variable, bon par moments seulement
appuyétrop marqué, qui insiste lourdement
une scénographieconception de l'espace et de la mise en scène d'une exposition
un accrochagedisposition des œuvres sur les murs
un cartelpetit texte placé à côté d'une œuvre
à défaut defaute de, en l'absence de
il n'en reste pas moins quecela n'empêche pas que
d'une rare justessedont l'exactitude se rencontre rarement

Votre tâche

Vous êtes Camille Vidal, critique indépendante. Mathilde Ferry, rédactrice en chef du magazine Cap Culture, vous commande la critique de l'édition 2026 des Nuits de Valmorin, un festival de musique de dix soirées. Le texte paraîtra dans le numéro d'automne ; la radio locale en lira un passage à l'antenne, donc il doit se dire aussi bien qu'il se lit. Longueur : environ 450 mots (de 420 à 480). Vos lecteurs décideront s'ils iront en 2027, et la ville décide en même temps si elle maintient sa subvention. Appuyez-vous sur les trois documents ci-dessous. Aucune méthode n'est donnée : c'est la mission de clôture de ce parcours, et elle réunit ses quatre points (prendre parti en une ligne, étayer un jugement, chiffrer des recommandations, écrire pour l'oreille).

(Documents fictifs.)

Document 1. Notes de festival de Camille Vidal

- Ouverture, kiosque du parc : la chanteuse Hélène Marais, seule, sans micro ; le parc entier se tait, enfants compris. - Les Cuivres du Quai, fanfare : public debout, on ne reste pas assis, toute la rue danse. - Scène du parc : la sonorisation noie les voix et fait saturer les basses ; le soir de la clôture, impossible de comprendre les paroles. - Après le dernier concert, aucune navette : des spectateurs rentrent à pied jusqu'à la gare, trois kilomètres, dans la nuit.

Document 2. Bilan de l'organisateur

20252026
Billets vendus8 2009 400
Recettes de billetterie164 000 €197 400 €
Subvention de la ville120 000 €150 000 €
Places solidaires (6 €)820470

Devis reçus pour 2027 : sonorisation de la scène du parc, 18 000 € ; navette de nuit vers la gare, 7 500 €. Prix moyen d'un billet : 21 € en 2026.

Document 3. Tribune d'un conseiller municipal (extrait)

« Les Nuits de Valmorin coûtent 150 000 euros aux contribuables, soit près de seize euros par billet vendu, contre moins de quinze l'an dernier. Dans le même temps, la part des places solidaires a été divisée par deux. Un festival qui se dit populaire doit l'être pour ceux qui n'ont pas de quoi payer. Nous demandons que la subvention soit gelée. » (Henri Lavigne, opposition municipale)

Corrigé

Afficher le corrigé

Valmorin, la nuit, mais pour qui ?

Une chanteuse seule, sans micro, sur le kiosque du parc, et tout un public qui se tait, enfants compris. En ouverture des Nuits de Valmorin, Hélène Marais a fait ce que ce festival sait faire de mieux. Il mérite d'être gardé, et sa subvention avec lui, à condition qu'elle serve enfin à corriger le son, les places solidaires et le retour de nuit : telle est la ligne de cet article.

D'abord, ce qui marche. Les Cuivres du Quai : un public debout, une rue qui danse. Hélène Marais : un silence qui retient tout un parc. Voilà ce qu'on vient chercher : l'instant où une foule devient un public. Et la fréquentation suit : 9 400 billets vendus, contre 8 200 l'an dernier, soit près de 15 % de plus.

Ensuite, ce qui ne va pas. Faute d'un réglage à la hauteur, la scène du parc n'a offert que du bruit : les voix noyées, les basses saturées, et le soir de la clôture, des paroles qu'on ne comprenait plus. Ce n'est pas un défaut de goût, c'est un défaut de réglage, et un défaut de réglage se corrige. Après le dernier concert, pas de navette : des spectateurs ont regagné la gare à pied, trois kilomètres dans la nuit. Un festival de nuit ne s'arrête pas à la dernière note.

Le conseiller municipal Henri Lavigne pose, lui, la bonne question. Cent cinquante mille euros de subvention, soit près de seize euros par billet, contre moins de quinze l'an dernier. Une part de places solidaires divisée par deux, de 10 % à 5 %, soit de 820 à 470 places. L'argument est fort parce qu'il est simple. Ces chiffres sont exacts, et ils piquent. Un festival qui se dit populaire doit l'être pour ceux qui n'ont pas de quoi payer.

Il n'en reste pas moins que sa conclusion, geler la subvention, va trop loin. La billetterie rapporte 197 400 euros : plus que la ville ne verse. Reste un écart réel : la subvention a progressé de 25 %, la fréquentation de près de 15 %. Le festival ne coûte pas trop cher ; il doit mieux employer la hausse.

Trois recommandations, donc, pour l'édition 2027, qui tiennent en trois lignes et en trois chiffres. Que l'organisateur remplace la sonorisation de la scène du parc : 18 000 euros, devis reçu. Qu'il rétablisse la part de 2025, 10 % de places solidaires à 6 euros, soit 940 places pour 9 400 billets, 470 de plus : 7 050 euros de recettes en moins. Qu'il finance une navette de nuit vers la gare : 7 500 euros. Au total, 32 550 euros, moins d'un quart de la subvention.

Que le parc se taise pour une voix : oui. Qu'il se vide de ceux qui ne peuvent pas payer : non.

Règle de comptage : les mots sont séparés par des espaces ; la ponctuation isolée n'est pas comptée ; qu'on et l'an comptent pour un mot chacun, et les nombres écrits avec une espace comptent pour autant de mots (9 400 = 2). Le texte compte 455 mots avec le titre, 450 sans.

Pourquoi ça marche

  • La ligne est dite dans le premier paragraphe et tenue jusqu'à la chute, qui reprend l'image d'ouverture (le parc qui se tait) pour la retourner.
  • Chaque jugement a son détail : le public debout, les voix noyées, les trois kilomètres à pied. Il n'en reste pas moins que n'apparaît qu'une fois.
  • L'objection du conseiller est donnée avec ses vrais chiffres, et reconnue exacte (ils piquent) avant la réponse ; la réponse s'appuie sur deux faits des documents (la billetterie dépasse la subvention, la fréquentation monte) et laisse debout ce que l'objection a de juste.
  • Les recommandations disent qui, quoi, combien et quand ; le calcul se refait : 18 000 + 7 050 + 7 500 = 32 550, et 940 − 470 = 470 places, soit 470 × (21 − 6) = 7 050 euros.
  • Pour l'oreille : des phrases brèves, deux séries de trois (les voix noyées, les basses saturées… ; ce qui marche, ce qui ne va pas), une chute en deux temps.

Ce qu'un relecteur reprocherait

  • Une caricature du conseiller (« un élu qui n'aime pas la culture ») : la réponse ne porterait alors que contre un homme de paille.
  • Des recommandations sans chiffre ou sans date (« améliorer le son »), ou un total qui ne correspond pas à ses parties.
  • Un calque (ce festival fait du sens ; on dit a du sens) ou une phrase de quarante mots qu'aucun lecteur de radio ne tiendrait d'un seul souffle.
  • Des adjectifs sans détail (« une programmation formidable »), ou une phrase qui répète ce que la précédente a déjà dit.

Entraînement

Une idée, trois manières : Le parcours est trop long : dans la dernière salle, on revoit les mêmes images. Exprimez cette réserve (a) en registre soutenu, (b) avec ironie, (c) en dix mots au plus.

Trois propositions

a. Le parcours, scrupuleusement chronologique, s'essouffle dans sa dernière partie, où les images, plus nombreuses, finissent par se répéter.

b. On sait gré au commissaire de n'avoir sacrifié aucun tirage ; on lui saura gré davantage, la prochaine fois, d'en sacrifier quelques-uns.

c. Trente photographies de moins, et l'exposition gagnait.

  • (a) Le soutenu précise l'endroit et la cause (chronologique, plus nombreuses) : c'est le défaut le plus vérifiable.
  • (b) L'ironie fait passer le reproche sous l'éloge : plus mordant, mais à n'employer qu'une fois dans le texte.
  • (c) Le format court donne un verdict : la formule se retient, au prix de toute nuance.

En 10 minutes : vous devez critiquer un roman imaginaire, Les Heures creuses, de Camille Aubert : 280 pages, une infirmière de nuit, Odile, qui raconte sa tournée ; la voix est précise et sobre, mais l'intrigue s'essouffle après la page 200. Écrivez le premier paragraphe de la critique (60 à 80 mots) : une accroche, les faits utiles et un premier jugement appuyé sur un détail.

Grille d'auto-évaluation :

Un exemple de réponse

Il faut un certain culot pour confier un roman de deux cent quatre-vingts pages à une infirmière de nuit qui parle si peu d'elle-même. Camille Aubert l'a eu, et Les Heures creuses y gagne une voix d'une rare justesse : des phrases courtes, des gestes décrits sans commentaire, un humour de couloir d'hôpital qui n'est jamais cruel. Si l'on s'attache à Odile, c'est qu'elle ne cherche jamais à plaire.

Petit quiz

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Pour juger la scénographie sans être injuste, laquelle choisissez-vous ?

    Afficher la réponse

    La scénographie, hélas, est moins heureuse : l'obscurité est telle qu'on déchiffre mal les cartels.. une réserve crédible nomme le défaut observable.

  2. Pour concéder un manque tout en soulignant la qualité de la photographe, laquelle choisissez-vous ?

    Afficher la réponse

    À défaut de lyrisme, Dassin a la patience, et c'est ce qui rend ses images si justes.. à défaut de relie le manque à sa compensation et en tire une conséquence.

  3. Pour un lecteur qui hésite à faire le voyage, quel verdict est le plus utile ?

    Afficher la réponse

    Allez-y donc, mais prenez votre temps et, si vous le pouvez, une lampe de poche.. un verdict dit quoi faire, avec la condition s'il y en a une.

Repérez l'erreur

Une phrase est fausse. Touchez-la.

  1. Quelle phrase contient une faute ?

    Afficher la réponse

    L'exposition supporte l'idée que la photographie est un art de la patience.. supporter au sens de « soutenir, étayer » est un anglicisme (to support) ; on écrit L'exposition soutient l'idée que…, ou défend.

Mise en situation

Studyfern n'a pas d'outil vocal. Pour pratiquer à l'oral, copiez ce texte dans un assistant IA vocal et parlez avec lui.

Mise en situation. Vous êtes Nathalie Roussel, rédactrice en chef d'un mensuel culturel, exigeante et directe. Vous parlez naturellement, en français, et nous nous vouvoyons. D'abord, vous me présentez en six phrases environ un cas inédit : une exposition, un roman ou un film imaginaire à critiquer, avec son titre, son auteur, son lieu, deux qualités et deux défauts que vous avez remarqués, et une limite de mots. Puis vous me demandez de dicter ma critique à voix haute, une étape à la fois : mon accroche, mon éloge principal avec un détail, ma principale réserve avec sa cause, une phrase avec « à défaut de » ou « il n'en reste pas moins que », et mon verdict. Une ou deux fois, vous me bousculez comme le ferait une vraie rédactrice en chef (« Ce détail ne prouve rien », « Vous hésitez : pour ou contre ? »), et je reprends. Ensuite, vous me donnez votre avis en français, point par point : jugements précis et étayés, vocabulaire d'évaluation varié, équilibre entre éloge et réserve, tours de nuance corrects, verdict utilisable, en vous attachant aux nuances, au registre et à la précision, non aux bases. Quand mes cinq réponses remplissent ces critères, vous dites « Mission accomplie ! » et vous me donnez un conseil. Limitez chaque réplique à trois phrases, sauf pour présenter le cas.

Écoutez aussi. Écoutez des locuteurs natifs avant et après : voir les ressources d'écoute gratuites.

Bon à savoir. Les retours d'une IA sur la prononciation sont inégaux : comparez-vous à des enregistrements natifs. Beaucoup d'assistants transforment d'abord votre voix en texte : une voyelle ou une liaison ratée peut être « entendue » comme le bon mot. Ne donnez pas d'informations personnelles : inventez un nom et une ville.

New to this? Read Practising speaking with an AI.

L'essentiel

  • Une critique comporte une accroche, des faits, des jugements étayés, de la nuance et un verdict.
  • Appuyez chaque jugement sur un détail ; les adjectifs seuls ne convainquent personne.
  • Employez des mots d'évaluation précis (laborieux, inégal, saisissant, d'une rare justesse).
  • Équilibrez avec si… c'est que…, à défaut de et il n'en reste pas moins que, une fois chacun.
  • Concluez par un verdict dont le lecteur peut tirer parti.
  • L'épreuve écrite du DALF C2 (3 h 30, un exercice) demande un texte structuré d'au moins 700 mots ; la critique entraîne la même maîtrise de la position et de la nuance.

Auto-évaluation

Répondez d'abord de tête, puis ouvrez la réponse. Rien n'est enregistré.

  1. Pourquoi « une exposition magnifique et passionnante » est-elle une phrase faible dans une critique ?

    Afficher la réponse

    Elle donne des adjectifs, mais aucun détail que le lecteur puisse vérifier.

  2. Que traduit « à défaut de » ?

    Afficher la réponse

    L'absence d'une chose, puis ce qui la compense : à défaut de lyrisme, la patience.

  3. Que doivent faire les dernières lignes d'une critique ?

    Afficher la réponse

    Donner un verdict net et dire au lecteur ce qu'il doit faire, avec sa condition éventuelle.

Pour aller plus loin