Mission : rédiger un communiqué de presse et conduire une réunion de crise
La communication de crise en français. Dire ce qui est établi, assumer sa responsabilité et annoncer des actions, sans admettre ce qui n'est pas prouvé.
FrenchC2 · Professional masteryEnviron 16 min : 14 de lecture, 2 d'entraînementMis à jour le
- Rédiger un communiqué de presse de 200 à 260 mots (faits, responsabilité, actions, contact)
- Distinguer ce qui est établi de ce qui ne l'est pas et formuler chaque chose en conséquence
- Assumer sa responsabilité sans reconnaître une faute que personne n'a prouvée
- Conduire une réunion de crise avec des lignes directrices claires
- Répondre à un journaliste sans spéculer
Professional mastery: lesson 1 of 4
Essayez d'abord
Vous n'avez pas encore vu ce point : devinez. Deviner avant de lire aide à retenir. Rien n'est noté ici.
Vous savez déjà ? Répondez à 3 questions et passez à la suite.
Trois bonnes réponses et la mission est marquée comme terminée.
Niveau Niveau C2 (autour du DALF C2). Français réel : le communiqué et la réunion qui suivent une fuite de données ou un rappel de produit.
Le cas
Le cas : vous êtes responsable de la communication de Panier Fleuve, une coopérative nantaise (inventée) de livraison de repas, qui compte 31 000 clients. Le jeudi 15 octobre 2026 à 15 h, l'équipe technique découvre qu'une personne a eu accès, sans autorisation, à une partie de la base de données clients. Le soir même, l'accès est coupé. La présidente, Hélène Marchetti, convoque une réunion de crise le vendredi 16 octobre à 8 h 30, avec le responsable technique (Karim Benali), le service clients (Sophie Roux) et l'avocate de la coopérative (Maître Aurélie Gaudin). Le samedi 17 octobre, le quotidien local et une radio attendent une déclaration. Vous devez produire un communiqué de presse de 200 à 260 mots et les lignes directrices dont Hélène se servira pour conduire la réunion. Vos lecteurs : des clients, des journalistes et l'autorité de protection des données. Appuyez-vous sur les trois documents ci-dessous.
(Documents fictifs.)
Document 1. Courriel de la présidente
De : Hélène Marchetti Objet : Incident de sécurité : communiqué de samedi Date : jeudi 15 octobre 2026, 19 h 10
Bonjour,
Réunion de crise demain à 8 h 30, avec Karim, Sophie et Maître Gaudin. Le quotidien local et une radio attendent notre déclaration samedi. Il me faut un communiqué de 200 à 260 mots, daté du 17 octobre, et vos lignes directrices pour conduire la réunion. Je veux un texte validé vendredi avant 17 h ; nous nous reverrons à 16 h pour le relire.
Le texte sera publié samedi : à ce moment, la CNIL aura été informée (vendredi matin) et le message personnel aux clients concernés partira samedi matin. J'ai demandé un audit indépendant, avec des conclusions sous trois semaines ; nous les publierons. Contact : moi-même, presse@panierfleuve.example ; ligne dédiée aux clients, 0 800 00 00 00, de 8 h à 20 h.
Hélène Marchetti
Document 2. Journal de l'incident (Karim Benali, responsable technique)
| Jeudi 15 octobre | Constat |
|---|---|
| 15 h | Alerte : connexion inhabituelle à la base de données clients |
| 15 h 40 | Accès non autorisé confirmé ; noms, adresses de livraison et téléphones d'environ 8 400 clients (sur 31 000) pouvaient être consultés |
| 18 h | Accès coupé |
| 18 h 30 | Mots de passe de l'équipe changés |
| Non établi | Copie ou utilisation des données ; origine de l'accès |
Document 3. Message du prestataire de paiement
De : Service sécurité, Paylo Objet : Votre signalement du 15 octobre
Bonjour,
Nous avons vérifié nos systèmes à la suite de votre signalement : aucune intrusion n'a été détectée chez nous, et vos transactions des trente derniers jours ne montrent aucune anomalie. Nos vérifications se poursuivent.
Comment un professionnel s'y prend
- Il trie les pièces : ce qui est prouvé, ce qui ne l'est pas. Le journal de Karim donne des heures et un chiffre : c'est établi. Il note aussi, en toutes lettres, ce qui ne l'est pas : la copie des données, l'origine. Question : « Qu'est-ce que je peux prouver aujourd'hui, et avec quelle pièce ? »
- Il pense à chaque lecteur. Le client se demande si sa carte bancaire est en danger, le journaliste qui est responsable, l'autorité quelles données et depuis quand. Le communiqué suit donc un ordre : les faits, ce qu'on ignore, la responsabilité, les actions, le contact.
- Il distingue responsabilité et faute. On est responsable de protéger les données qu'on détient : cela s'assume et s'excuse. Une faute précise (une négligence, un fournisseur défaillant) ne se dit qu'une fois l'audit rendu. Il fait relire le texte par la juriste, et c'est l'organisation qui décide.
- Il date chaque action et chaque promesse. Ce qui est fait se met au passé, avec l'heure ou le jour ; ce qui est promis se met au futur, avec une échéance. Une promesse sans date ou une garantie absolue (« aucun risque ») n'a pas sa place.
- Il édite, avec la question du métier : « Que puis-je couper, affiner, préciser ? » Il coupe les adjectifs et les « malheureusement », affine le verbe (« a détecté » plutôt que « s'est aperçue »), précise ce qui est vague (« récemment » devient « le 15 octobre, à 18 h »).
- Il vérifie avant d'envoyer. Chaque chiffre est comparé au journal (8 400, 18 h, trois semaines), chaque nuance à sa pièce, le nombre de mots à la fourchette, le contact à la lettre. Puis il relit comme le journaliste le plus hostile : quelle phrase pourrait-on retourner contre nous ?
Ce qu'une bonne solution exige :
- les faits d'abord, avec dates et chiffres, et rien de non établi présenté comme un fait ;
- une responsabilité clairement assumée et des excuses, sans rejeter la faute sur un fournisseur, un client ou un « pirate » anonyme ;
- des actions concrètes déjà menées et des engagements datés pour la suite ;
- un contact, un ton calme et simple (ni jargon, ni dramatisation, ni passif défensif) ;
- des formules qu'une juriste peut accepter : pas d'aveu d'une faute précise avant l'audit, pas de promesse absolue (« aucun risque »).
À titre de repère, l'épreuve orale du DALF C2 dure 30 minutes après 1 heure de préparation et s'achève par un débat avec le jury. Défendre une position sous pression sans en dire plus que ce qu'on sait, c'est exactement ce que demande un échange avec un journaliste.
Votre boîte à outils :
- Les faits : Le 15 octobre, notre équipe a détecté…
- Ce qu'on ignore : À ce stade, rien n'indique que… ; nous ne pouvons pas encore établir si…
- Les constats prudents : Les premières analyses indiquent que… ont pu être consultés.
- La responsabilité : Nous sommes responsables de… ; nous présentons nos excuses.
- Ce qui est fait (passé) : L'accès a été coupé ; la CNIL a été informée.
- Ce qui est promis (futur daté) : Un audit… rendra ses conclusions d'ici trois semaines.
- Le contact : Contact : nom, fonction, adresse, numéro.
Dire, éviter :
- Dire ont pu être consultés ; éviter ont été volés par des pirates.
- Dire L'origine reste à déterminer. ; éviter C'est la faute de notre ancien prestataire.
- Dire À ce stade, rien n'indique que… ; éviter Aucune donnée bancaire n'est concernée.
- Dire Nous présentons nos excuses. ; éviter Nous regrettons que certains se soient inquiétés.
Des excuses pour ce que vivent les clients, jointes à la responsabilité de protéger leurs données, ne reviennent pas à reconnaître une faute précise que l'audit n'a pas établie. Dans le doute, une juriste relit le texte (comme Maître Gaudin plus bas) et c'est la coopérative qui décide.
Pour aller plus loin : voix et mode dans un texte de crise
Employez l'actif pour ce que vous avez fait (nous avons détecté, nous avons coupé) et le passif seulement quand l'agent importe peu (la CNIL a été informée). Un texte entièrement impersonnel (une intrusion a eu lieu) donne l'impression que personne n'est responsable. Après bien que et quoique, le subjonctif s'impose : bien que l'enquête ne soit pas terminée. Après rien n'indique que, le subjonctif (soient concernées) est usuel et marque le doute. Réservez le futur aux promesses, et donnez à chacune une date ou une échéance.
Vérification rapide
Touchez une réponse pour vérifier.
L'audit n'ayant pas encore rendu ses conclusions, quelle phrase convient au communiqué ?
- correcte, mais elle avance en public une cause que personne n'a démontrée et fournit un titre à la presse
- « à notre connaissance » adoucit la phrase, mais « aucun risque » reste une affirmation qu'on ne peut pas prouver
Afficher la réponse
L'origine reste à déterminer ; l'audit en cours l'établira.. on dit que la cause est ouverte et on laisse le verdict à l'audit.
Pourquoi c'est important
Cette tâche attend toute organisation qui détient des données ou vend de la nourriture, de la mairie à la coopérative : une fuite, un rappel de produit, une panne, un incident de sécurité. Le premier communiqué est jugé en quelques heures par les journalistes, les clients et les autorités, puis il reste en ligne pendant des années. Les règles européennes de protection des données prévoient en général de notifier une violation à l'autorité de contrôle dans un délai de 72 heures, si possible, après en avoir pris connaissance, sauf si la violation n'est pas susceptible d'engendrer un risque : le texte s'écrit donc dans un calendrier serré, souvent pendant que l'équipe technique travaille encore. Un communiqué précis, responsable et prudent protège la confiance ; celui qui accuse, minimise ou doit être rectifié ensuite coûte bien plus cher que l'incident.
La solution
La solution. D'abord le communiqué (organisation, personnes et chiffres inventés), puis les lignes directrices de la réunion de crise.
Communiqué de presse :
Panier Fleuve, coopérative nantaise de livraison de repas
Communiqué de presse : accès non autorisé à nos données clients
Nantes, le 17 octobre 2026
Le 15 octobre, notre équipe technique a détecté un accès non autorisé à une partie de la base de données de Panier Fleuve. Les premières analyses indiquent que les noms, adresses de livraison et numéros de téléphone d'environ 8 400 clients ont pu être consultés. À ce stade, rien n'indique que des données bancaires soient concernées : les paiements sont traités par un prestataire distinct, qui n'a détecté aucune intrusion dans ses systèmes. L'enquête n'est pas terminée et nous ne pouvons pas encore établir si ces données ont été copiées ou utilisées.
Nous sommes responsables de la sécurité des données que nos clients nous confient, et nous leur présentons nos excuses. L'origine reste à déterminer ; l'audit en cours l'établira.
Voici ce que nous avons fait. L'accès a été coupé le 15 octobre à 18 h. Les mots de passe de l'équipe ont été changés. La CNIL a été informée le 16 octobre. Depuis ce matin, chaque client concerné reçoit un message personnel. Un audit indépendant rendra ses conclusions d'ici trois semaines, et nous les publierons. Les clients qui ont des questions peuvent appeler la ligne dédiée indiquée ci-dessous ; nous publierons toute nouvelle information dès qu'elle sera établie.
Contact : Hélène Marchetti, présidente, presse@panierfleuve.example, ligne dédiée aux clients 0 800 00 00 00 (de 8 h à 20 h).
Lignes directrices de la réunion de crise (vendredi 16 octobre, 8 h 30 ; Hélène préside et dit vous) :
Hélène : Merci d'être là. D'ici 17 heures, nous devons avoir un communiqué validé. Je propose l'ordre suivant : ce qui est établi, ce que nous ne savons pas, ce que nous faisons. Karim, les faits, s'il vous plaît.
Karim : Accès non autorisé détecté hier à 15 h, coupé à 18 h. Environ 8 400 clients concernés : noms, adresses, téléphones. Pour la copie des données, je ne peux encore rien affirmer.
Hélène : Alors nous écrivons « ont pu être consultés » et nous ne disons rien de plus. Sophie, que demandent les clients ?
Sophie : Ils appellent déjà. Ils veulent savoir si leur carte bancaire est en danger.
Hélène : Nous répondons qu'à ce stade rien n'indique que leur carte bancaire soit concernée, et nous donnons la date de notre prochaine information. Maître Gaudin, votre lecture ?
Maître Gaudin : Évitons « faille due à une négligence » tant que l'audit n'a pas rendu ses conclusions, et évitons toute garantie absolue.
Hélène : D'accord. Nous assumons notre responsabilité de protéger les données, sans qualifier l'origine. Un seul porte-parole : moi. Si un journaliste insiste : « Je ne peux pas me prononcer sur ce point, l'enquête n'est pas terminée ; voici ce que nous savons à ce jour. » Nous nous revoyons à 16 h pour valider le texte.
Décompte des mots et règle de comptage : les mots sont séparés par des espaces ; la ponctuation isolée (un deux-points ou un tiret seul) ne compte pas ; les nombres écrits avec une espace comptent pour plusieurs mots (8 400 = 2). Le communiqué compte 239 mots avec son titre et sa date, et 216 sans eux : il tient donc dans la fourchette de 200 à 260 mots dans les deux cas.
Pourquoi ça marche :
- le premier paragraphe donne des faits datés, puis ne nuance que ce qui n'est pas prouvé (ont pu être consultés, rien n'indique que… soient concernées, nous ne pouvons pas encore établir si) ;
- le deuxième assume la responsabilité de protéger les données et présente des excuses, puis dit que l'origine reste à déterminer, l'audit faisant office de juge : aucune faute non établie n'est reconnue ;
- les actions sont au passé (a été coupé, a été informée) et les promesses au futur avec une échéance (rendra… d'ici trois semaines) ;
- le contact est complet, le ton simple, et personne d'autre n'est mis en cause ;
- dans la réunion, Hélène sépare l'établi de l'inconnu, désigne un seul porte-parole et donne au journaliste une formule qui refuse de spéculer tout en offrant des faits.
Français réel : prestataire et porte-parole sont des mots courants du français professionnel et de la presse ; à ce stade est la locution habituelle pour dire « jusqu'ici ».
Erreurs fréquentes
Ce qui affaiblit un communiqué de crise tient au ton et à la surenchère, rarement au vocabulaire. Le renvoi de la faute : wrong: Nous sommes victimes d'une attaque criminelle et notre ancien prestataire est en cause. La fausse garantie : wrong: Aucun client n'est en danger. La fausse excuse : wrong: Nous regrettons que certains aient été inquiets. Le passif qui cache qui a fait quoi : wrong: Une intrusion a eu lieu et des mesures ont été prises. Et le faux pas de langue : wrong: Bien que l'enquête n'est pas terminée… (bien que veut le subjonctif : bien que l'enquête ne soit pas terminée). Malgré que, contesté, est lui aussi à éviter dans un texte soutenu.
Vérification rapide
Touchez une réponse pour vérifier.
Pour un communiqué écrit avant la fin de l'enquête, quelle phrase est correcte et soignée ?
- tolérée à l'oral, la locution malgré que est à éviter dans un texte soutenu ; on écrit bien que ou même si
- bien que est suivi du subjonctif, jamais de l'indicatif
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Bien que l'enquête ne soit pas terminée, nous publions ce que nous savons.. bien que + subjonctif ; et la phrase dit ce qu'on sait sans en rajouter.
Mots clés
- un communiqué de presse
- texte court qu'une organisation diffuse aux médias pour annoncer officiellement un fait
- une fuite de données
- divulgation, volontaire ou non, d'informations qui devaient rester confidentielles
- un accès non autorisé
- connexion à un système par quelqu'un qui n'en avait pas le droit
- une faille
- défaut de sécurité qu'on peut exploiter ; plus largement, point faible
- à ce stade
- pour l'instant, au point où en est l'enquête
- établir
- démontrer avec certitude, prouver
- un prestataire
- entreprise ou personne qui fournit un service à une autre
- un audit
- examen méthodique, mené souvent par un tiers indépendant
- un porte-parole
- personne chargée de s'exprimer au nom d'un groupe
- assumer sa responsabilité
- reconnaître qu'on doit répondre de ses actes et en tirer les conséquences
- la cellule de crise
- petit groupe réuni pour décider vite pendant un incident grave
- s'en tenir aux faits
- ne dire que ce qui est établi, sans interpréter
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| Front | Back |
|---|---|
| un communiqué de presse | texte court qu'une organisation diffuse aux médias pour annoncer officiellement un fait |
| une fuite de données | divulgation, volontaire ou non, d'informations qui devaient rester confidentielles |
| un accès non autorisé | connexion à un système par quelqu'un qui n'en avait pas le droit |
| une faille | défaut de sécurité qu'on peut exploiter ; plus largement, point faible |
| à ce stade | pour l'instant, au point où en est l'enquête |
| établir | démontrer avec certitude, prouver |
| un prestataire | entreprise ou personne qui fournit un service à une autre |
| un audit | examen méthodique, mené souvent par un tiers indépendant |
| un porte-parole | personne chargée de s'exprimer au nom d'un groupe |
| assumer sa responsabilité | reconnaître qu'on doit répondre de ses actes et en tirer les conséquences |
| la cellule de crise | petit groupe réuni pour décider vite pendant un incident grave |
| s'en tenir aux faits | ne dire que ce qui est établi, sans interpréter |
Entraînement
Réécrivez : voici une version correcte mais plate, du niveau B2, d'un début de communiqué. Réécrivez-la au niveau d'un communiqué de crise : mêmes faits, aucun blâme, aucune garantie absolue, une responsabilité assumée.
Il y a eu un problème avec nos données. Des pirates ont volé les informations de nos clients. Ce n'est pas notre faute car notre prestataire n'a pas bien fait son travail. Nous allons tout régler très vite et il n'y a aucun risque pour vous.
Une réécriture possible
Le 15 octobre, notre équipe technique a détecté un accès non autorisé à une partie de notre base de données. Les noms, adresses et numéros de téléphone de certains clients ont pu être consultés. L'origine reste à déterminer ; un audit indépendant l'établira. Nous sommes responsables de ces données et nous vous communiquerons ses conclusions d'ici trois semaines.
Ce qui a changé :
- « il y a eu un problème » devient un fait daté, sujet actif : notre équipe technique a détecté
- « des pirates ont volé » devient ont pu être consultés : on ne sait ni qui, ni si les données ont été copiées
- le blâme du prestataire disparaît : l'origine reste à déterminer, l'audit tranchera
- « aucun risque » est remplacé par un engagement daté et vérifiable
En 10 minutes : un autre cas. Une coopérative a vendu 1 200 plats cuisinés dont l'étiquette omettait la mention du céleri ; une cliente signale une réaction, sans que le lien soit confirmé. Rédigez le premier paragraphe du communiqué (80 à 100 mots) : faits datés, ce que l'on sait, ce que l'on ignore.
Grille d'auto-évaluation :
Un exemple de réponse
Le 12 octobre, nous avons constaté que l'étiquette d'un lot de 1 200 plats cuisinés, livrés le 10 octobre, ne mentionnait pas la présence de céleri. Une cliente nous a signalé une réaction allergique ; à ce stade, nous ne pouvons pas établir qu'elle soit liée à ce plat. Le lot a été retiré de la vente le jour même et chaque client concerné a été prévenu personnellement. Nous publierons le résultat de nos vérifications dès qu'il sera connu, et au plus tard le 30 octobre.
Petit quiz
Touchez une réponse pour vérifier.
Pour un communiqué publié avant la fin de l'audit, laquelle de ces deux formulations est la plus juste ?
- grammaticale, mais elle présente comme établi un fait que l'audit n'a pas confirmé
Afficher la réponse
Les premières analyses indiquent que les données de 8 400 clients ont pu être consultées.. ont pu être consultées marque la limite de ce qu'on sait, sans minimiser.
Au journaliste qui demande si les données ont été vendues, quelle réponse du porte-parole convient le mieux ?
- correcte, mais « nous écartons » ferme une question que l'enquête n'a pas tranchée et se retournera contre nous si l'on découvre le contraire
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À ce jour, nous n'avons aucun élément qui l'établisse ; l'enquête se poursuit et nous en publierons les conclusions.. on ne spécule pas, ni dans un sens ni dans l'autre, et on annonce la suite.
Dans la bouche de la présidente, laquelle de ces deux phrases engage la coopérative sans reconnaître de faute précise ?
- nette et courageuse, mais elle admet une défaillance précise avant que l'audit l'ait établie, et engage sur des conséquences illimitées
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Nous sommes responsables de la sécurité des données que nos clients nous confient, et nous leur présentons nos excuses.. la responsabilité de protéger les données est générale et vraie ; la faute précise attend l'audit.
Repérez l'erreur
Une phrase est fausse. Touchez-la.
Quelle phrase contient une faute ?
- correcte, et conforme aux faits du cas
- correcte : subjonctif après rien n'indique que
- correcte : futur pour une promesse datée
Afficher la réponse
Un cabinet indépendant sera en charge de l'audit.. en charge de est un calque de l'anglais in charge of ; dans un écrit soigné, on dit chargé de : Un cabinet indépendant sera chargé de l'audit.
Mise en situation
Studyfern n'a pas d'outil vocal. Pour pratiquer à l'oral, copiez ce texte dans un assistant IA vocal et parlez avec lui.
Mise en situation. Vous êtes Camille Aubry, journaliste d'investigation dans un quotidien régional, exigeante et un peu hostile, au niveau C2. Parlez naturellement, en vous adressant à moi avec « vous ». Commencez par m'exposer un cas inédit en six phrases environ : un lot de 1 200 plats cuisinés a été vendu avec une étiquette qui ne mentionnait pas un allergène, livré à une date précise ; une cliente signale une réaction, sans que le lien soit confirmé ; dites ce qu'on sait et ce qu'on ignore. Je joue la présidente de la coopérative : je dicte mon communiqué (faits, responsabilité, actions, contact), puis je réponds à vos questions. Relancez-moi une ou deux fois, comme un vrai journaliste, en cherchant la phrase qui dépasse ce qui est établi ou qui renvoie la faute à un tiers. Ensuite, donnez-moi votre bilan en français, selon ces critères : les faits viennent-ils d'abord, ce qui n'est pas prouvé est-il nuancé, la responsabilité est-elle assumée sans accuser personne ni reconnaître une faute non établie, les actions sont-elles datées, le ton reste-t-il simple. Insistez sur les nuances, le registre et la précision, pas sur les bases. Quand tous les critères sont remplis, dites « Mission accomplie ! » et donnez-moi un conseil. Limitez chaque réplique à trois phrases, sauf pour présenter le cas.
Écoutez aussi. Écoutez des locuteurs natifs avant et après : voir les ressources d'écoute gratuites.
Bon à savoir. Les retours d'une IA sur la prononciation sont inégaux : comparez-vous à des enregistrements natifs. Beaucoup d'assistants transforment d'abord votre voix en texte : une voyelle ou une liaison ratée peut être « entendue » comme le bon mot. Ne donnez pas d'informations personnelles : inventez un nom et une ville.
New to this? Read Practising speaking with an AI.
L'essentiel
- Un communiqué de crise suit un ordre : les faits, ce qu'on ignore, la responsabilité, les actions (au passé) et les promesses (au futur daté), le contact.
- Nuancez ce qui n'est pas établi (ont pu être consultés, à ce stade, rien n'indique que… soient) ; ne garantissez jamais ce que vous ne pouvez pas prouver.
- Assumez votre responsabilité et présentez des excuses sans accuser un fournisseur ni reconnaître une faute avant l'audit.
- Employez des verbes actifs pour ce que vous avez fait, un ton simple, et le subjonctif après bien que.
- En réunion de crise, séparez l'établi de l'inconnu, désignez un seul porte-parole et faites relire le texte par la juriste.
- Face aux questions, refusez de spéculer, mais donnez toujours les faits dont vous disposez.
Bilan
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Que doit contenir un bon communiqué de presse en situation de crise ?
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Les faits (et ce qu'on ignore encore), la responsabilité assumée, les actions (menées et promises) et un contact.
Pourquoi écrire « ont pu être consultés » plutôt que « ont été volés » ?
Afficher la réponse
Parce qu'il n'est pas établi que les données ont été prises ou utilisées : le communiqué ne doit pas présenter comme certain un fait non prouvé.
Quel mode suit « bien que » dans « Bien que l'enquête ___ terminée » ?
Afficher la réponse
Le subjonctif : « Bien que l'enquête ne soit pas terminée ».
Pour aller plus loin
- RFI : les journaux et reportages d'actualité ; écoutez comment les porte-parole formulent les faits et la prudence, et ce qu'ils refusent de dire.
- France Éducation international, DALF C2 : le format officiel de l'examen, pour situer votre entraînement.
Terminé ? Marquez la mission pour remplir votre feuille sur la French carte.