Mission : rédiger l'éditorial d'un quotidien national
Prendre parti dans un éditorial : une ouverture qui accroche, une concession loyale, une chute qu'on retient. Le journal parle d'une seule voix.
FrenchC2 · Writing with authorityEnviron 15 min : 13 de lecture, 2 d'entraînementMis à jour le
- Choisir une ligne nette et l'énoncer tôt
- Ouvrir sur une accroche et finir sur une dernière phrase qu'on retient
- Traiter loyalement le meilleur contre-argument avant d'y répondre
- Employer le « nous » éditorial, un registre soutenu et un rythme varié
- User avec mesure de la question rhétorique et de l'ironie
Writing with authority: lesson 1 of 4
Essayez d'abord
Vous n'avez pas encore vu ce point : devinez. Deviner avant de lire aide à retenir. Rien n'est noté ici.
Vous savez déjà ? Répondez à 3 questions et passez à la suite.
Trois bonnes réponses et la mission est marquée comme terminée.
Niveau Niveau C2 (autour du DALF C2). Français réel : l'éditorial d'un quotidien national, et le texte structuré d'au moins 700 mots de l'épreuve écrite du DALF C2.
Le cas
Le cas : vous êtes Hélène Marchetti, éditorialiste au Grand Matin, quotidien national imaginaire. Le gouvernement vient d'annoncer une règle nationale : dès la rentrée prochaine, toutes les écoles primaires publiques passeront à la semaine de quatre jours. Le rédacteur en chef, Bertrand Aubry, veut l'éditorial de demain pour la une : environ 500 mots, non signé (un éditorial engage le journal), qui prend clairement position, à l'adresse de lecteurs cultivés qui peuvent ne pas être de votre avis. Vous travaillez à partir des trois documents ci-dessous.
(Documents fictifs.)
Document 1. Message du rédacteur en chef
De : Bertrand Aubry Objet : Éditorial de demain : semaine de quatre jours
Bonjour Hélène,
Pour la une de demain, nous prenons position sur la réforme. Environ 500 mots, non signé, à l'adresse de lecteurs cultivés qui ne pensent pas tous comme nous. Je veux une ligne que l'on puisse répéter, et que l'on sente que nous avons lu les arguments d'en face. Les pièces sont ci-dessous.
B. A.
Document 2. Communiqué du ministère (extrait)
Dès la rentrée prochaine, toutes les écoles primaires publiques passeront à la semaine de quatre jours. Cette mesure vise à alléger les journées des élèves, à offrir aux enseignants des matinées plus longues et aux familles un week-end plus long : des élèves plus reposés sont plus attentifs. Les modalités d'application seront précisées par circulaire en juin. Aucun moyen supplémentaire n'est prévu à ce stade.
Document 3. Note sur l'enquête des communes pilotes (extrait)
Enquête menée dans 140 communes pilotes, deux ans après le passage à quatre jours. Chaque commune est comparée à elle-même.
| Indicateur | Avant | Après |
|---|---|---|
| Score moyen en lecture au CE2 (sur 100) | 62 | 62 |
| Écart de score entre enfants de familles favorisées et modestes | 9 points | 13 points |
| Dépense de transport scolaire des communes rurales (indice) | 100 | 80 |
Précision des auteurs : l'enquête n'a pas de groupe témoin ; elle ne permet pas d'établir à elle seule la cause des écarts.
Comment un professionnel s'y prend
- Il lit la commande avant l'actualité. Qui parle ? Le journal, non l'éditorialiste : un « nous », pas de signature. À qui ? À des lecteurs cultivés qui ne sont pas d'accord d'avance. Combien ? Environ 500 mots. Question : « Qui parle, à qui, et pour obtenir quoi ? »
- Il trie les pièces : intention, mesure, limite. Le communiqué dit ce que le gouvernement veut ; le tableau mesure ; la note dit ce que la mesure ne prouve pas. Il n'écrit rien que la pièce ne permette de dire. Question : « Que prouve ce chiffre, et que ne prouve-t-il pas ? »
- Il fixe sa ligne avant d'écrire. Une phrase que le lecteur pourrait répéter après avoir tourné la page. S'il hésite entre deux lignes, il n'écrit pas encore. Question : « Quelle est ma ligne, en une phrase ? »
- Il cherche le meilleur argument d'en face, pas le plus facile. C'est celui qu'un adversaire sérieux jugerait fidèle, et souvent celui que les pièces chiffrent. Il l'écrit dans sa meilleure version avant d'y répondre. C'est l'habitude de ce métier : « Ai-je donné à l'autre point de vue toute sa force ? » Si l'adversaire ne reconnaît pas son argument, la réponse ne vaut rien.
- Il choisit l'ouverture d'après ce que le lecteur sait déjà. Un fait sec informe ; un regard cadre l'enjeu. Question : « Qu'est-ce que mon lecteur sait déjà ce matin ? »
- Il relit en lecteur d'en face. La ligne est-elle visible avant la fin du premier paragraphe ? Aucun « je » ? Chaque chiffre se retrouve-t-il dans les pièces, sans être poussé plus loin qu'elles ne vont ? La dernière phrase se retient-elle ?
Ce qu'une bonne solution exige :
- une ligne claire, énoncée tôt et jamais abandonnée ;
- une accroche dès la première phrase, et une dernière phrase qu'on retient ;
- le meilleur contre-argument exposé loyalement, puis réfuté, et non esquivé ;
- un registre soutenu de bout en bout, avec le « nous » du journal et sans « je » ;
- du rythme : des phrases courtes parmi les longues, quelques questions rhétoriques au plus, et un trait d'ironie.
À titre de repère, l'épreuve écrite du DALF C2 dure 3 h 30 et comporte un seul exercice : un texte structuré (article, éditorial, rapport, discours…) d'au moins 700 mots sur une question donnée, à partir d'un dossier d'environ 2 000 mots, avec votre apport personnel. La compétence travaillée ici est celle que cet exercice évalue ; le modèle de 500 mots en est la version « format de journal ».
Votre boîte à outils :
- L'accroche : une phrase qui cadre la question et donne envie de lire la suite.
- La ligne : votre position, en une phrase que le lecteur pourrait répéter.
- La concession : certes… mais…, reconnaissons-lui…, on nous objectera que…
- La réfutation : Mais à quel prix ?, c'est là que le bât blesse.
- Le « nous » : nous ne plaidons pas pour… : c'est le journal qui parle.
- La chute : une dernière phrase qui résume la ligne par une image ou un contraste.
Registre et rythme. Un éditorial national s'écrit dans un français soutenu mais lisible : phrases construites, noms abstraits précis, ni argot, ni abréviations, pas de je. Variez les longueurs : une longue phrase qui s'élève, puis une courte qui tombe. Les questions rhétoriques (Mais à quel prix ?) doivent rester rares : trois d'affilée, et l'on croit entendre un meeting. L'ironie passe par l'euphémisme (La République, qui aime tant l'égalité, y regardera sans doute à deux fois.) ; une seule touche par éditorial suffit.
Pour aller plus loin : la charpente d'un éditorial
La plupart des éditoriaux suivent quatre mouvements. 1. L'accroche et l'enjeu. 2. La thèse adverse, exposée loyalement. 3. Pourquoi elle ne suffit pas (le retournement, souvent après mais ou c'est là que). 4. Ce que veut le journal, et une dernière phrase en forme d'image. Notez que la ligne apparaît avant la fin du premier paragraphe : le lecteur ne doit jamais se demander ce que pense le journal.
Vérification rapide
Touchez une réponse pour vérifier.
Vous écrivez l'éditorial d'un journal qui, ce matin, est le premier à annoncer la fermeture de la dernière usine de la ville : personne ne la connaît encore. Quelle ouverture choisissez-vous ?
- belle accroche, qui conviendrait si la nouvelle était connue de tous ; ici, le lecteur ne saurait pas de quoi l'on parle
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L'usine Delmas fermera le 31 janvier : deux cent quarante emplois, et une ville qui l'apprend ce matin dans ces colonnes. Nous voulons dire ce que cela change.. aucune des deux ouvertures n'est fautive en soi : ce que le lecteur sait déjà décide. Une nouvelle inconnue s'énonce d'abord, une nouvelle connue se cadre.
Pourquoi c'est important
Cet exercice se retrouve à la une de tous les quotidiens, dans l'éditorial d'ouverture d'un magazine, dans le manifeste d'une association, dans les tribunes qu'une entreprise ou un syndicat publie. Quiconque doit plaider en public pour une institution, et non pour lui seul, a besoin de cette voix : ferme, loyale envers l'adversaire, élégante. C'est aussi le meilleur test d'écriture au niveau C2, car chaque phrase révèle d'un coup le registre, le rythme et le jugement.
La solution
La solution. L'éditorial d'Hélène pour Le Grand Matin (texte original, chiffres inventés) :
Quatre jours, et après ?
Il y a des réformes qui séduisent parce qu'elles promettent du repos, et d'autres parce qu'elles promettent des économies. La semaine de quatre jours, que le gouvernement entend imposer à toutes les écoles primaires, a l'art de séduire pour les deux raisons à la fois. C'est précisément ce qui devrait nous mettre en garde.
Reconnaissons-lui d'abord ses mérites. Les petits Français ont des journées que beaucoup jugent trop chargées ; les enseignants y gagnent des matinées plus longues ; les familles, un week-end plus long. Il serait injuste de le nier : un enseignant qui souffle un peu fait aussi respirer sa classe. Les partisans de la réforme ajoutent que des élèves reposés sont des élèves attentifs. Peut-être. Mais à quel prix ?
Une enquête menée dans cent quarante communes pilotes ne relève aucun progrès en lecture (62 sur 100 avant, 62 après) et laisse voir un écart qui se creuse, de 9 à 13 points, entre les enfants des familles favorisées et les autres. Ces chiffres ne prouvent pas tout, leurs auteurs le disent eux-mêmes, mais ils ne plaident pas pour la réforme. C'est là que le bât blesse. Nous ne jugeons pas une réforme à l'aune de la fatigue des adultes, mais à l'aune de la réussite des enfants. Un jour sans école est, pour le fils d'un cadre, un jour de musée ; pour la fille d'une ouvrière aux horaires décalés, c'est trop souvent un jour devant un écran. La République, qui aime tant l'égalité, y regardera sans doute à deux fois.
On nous objectera que les communes rurales, qui peinent à financer le transport scolaire, y trouvent leur compte. L'argument est sérieux, et nous ne le balayons pas d'un revers de main : un maire dont la dépense de transport scolaire baisse d'un cinquième a de bonnes raisons de se réjouir. Mais ce qu'il économise en autocars, la collectivité le paiera ailleurs, en soutien scolaire, en garderie, en échec.
Reste la question du calendrier. Le gouvernement veut une décision pour la rentrée prochaine, comme si l'on pouvait régler le temps des enfants à la manière d'un horaire de train. Aucun moyen supplémentaire n'est prévu ; les mairies n'auront que l'été pour s'organiser ; les familles apprendront en juin ce qu'elles vivront en septembre. Une réforme préparée en quelques semaines s'améliore rarement avec le temps.
Nous ne plaidons pas pour l'immobilisme. L'école a besoin de souffle, de temps, d'imagination. Nous disons seulement que l'on ne change pas le temps des enfants pour soulager un budget ou un emploi du temps, et que toute réforme sérieuse commence par une question : qu'apprendront-ils de plus ? Qu'on expérimente, soit, mais avec des évaluations publiques, des moyens pour les écoles les plus fragiles et un bilan après deux ans. Tant que le gouvernement n'y aura pas répondu, la semaine de quatre jours restera ce qu'elle est aujourd'hui : un cadeau pour les grands, une promesse pour les petits.
Décompte des mots et règle de comptage : les mots sont séparés par des espaces ; la ponctuation isolée n'est pas comptée ; l'art, c'est et aujourd'hui comptent pour un mot chacun. L'éditorial compte 481 mots avec le titre et 477 sans. (Votre propre texte du DALF C2 devra en compter au moins 700 : un éditorial de journal est plus court, mais la méthode est la même, et l'on développe davantage chaque mouvement.)
Pourquoi ça marche :
- Accroche et ligne : le premier paragraphe place la réforme dans un cadre inattendu (le repos et les économies) et s'achève sur la mise en garde, qui est la ligne du journal.
- Concession : Reconnaissons-lui d'abord ses mérites donne à la réforme son dû avant le retournement ; la seconde concession (On nous objectera…) traite loyalement l'argument des communes rurales.
- Réfutation : Mais à quel prix ? et C'est là que le bât blesse marquent les retournements, et le chiffre des communes pilotes appuie la réponse.
- « Nous » et registre : Nous ne jugeons pas… Nous ne plaidons pas… : c'est le journal qui parle ; pas de je, pas d'argot.
- Rythme et ironie : des phrases brèves (Peut-être.) entre les longues, une question rhétorique, une touche d'ironie.
- Chute : un cadeau pour les grands, une promesse pour les petits résume la ligne en un contraste.
Français réel : c'est là que le bât blesse est une locution courante pour désigner le vrai point faible ; à l'aune de signifie « à la mesure de ».
Erreurs fréquentes
Quatre faiblesses reviennent. Le « je » : wrong: Je pense que cette réforme est une erreur. devient Nous pensons que cette réforme est une erreur, ou mieux, on énonce la thèse sans « nous pensons ». Le refus de choisir : un texte qui aligne les avis et s'achève sur Le débat reste ouvert n'est pas un éditorial. La caricature de l'adversaire : votre réponse ne convainc que si son argument a d'abord été présenté sous son meilleur jour. Enfin, un faux pas que les lecteurs attentifs repèrent : wrong: Il faut pallier à ce manque de moyens. Pallier est transitif direct : pallier ce manque.
Vérification rapide
Touchez une réponse pour vérifier.
Quelle phrase évite la faute de construction ?
- c'est la faute même : dans l'écrit soigné, pallier ne se construit pas avec à
- on commet la faute inverse : remédier est intransitif, il exige à (remédier à ce manque)
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Il faut pallier ce manque de moyens.. pallier est transitif direct ; remédier, lui, se construit avec à.
Mots clés
- un éditorial
- article non signé qui exprime la position d'un journal
- une ligne éditoriale
- l'orientation et les prises de position constantes d'un journal
- une concession
- point que l'on accorde à l'adversaire avant de le réfuter
- réfuter
- démontrer qu'un argument est faux ou insuffisant
- le bât blesse
- expression pour désigner le point faible, l'endroit où cela fait mal
- à l'aune de
- à la mesure de, d'après le critère de
- balayer d'un revers de main
- écarter sans examen
- plaider pour
- défendre une cause, argumenter en faveur de
- l'immobilisme
- refus systématique de tout changement
- une chute
- dernière phrase d'un texte, conçue pour marquer
Révisez les mots clés
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| Front | Back |
|---|---|
| un éditorial | article non signé qui exprime la position d'un journal |
| une ligne éditoriale | l'orientation et les prises de position constantes d'un journal |
| une concession | point que l'on accorde à l'adversaire avant de le réfuter |
| réfuter | démontrer qu'un argument est faux ou insuffisant |
| le bât blesse | expression pour désigner le point faible, l'endroit où cela fait mal |
| à l'aune de | à la mesure de, d'après le critère de |
| balayer d'un revers de main | écarter sans examen |
| plaider pour | défendre une cause, argumenter en faveur de |
| l'immobilisme | refus systématique de tout changement |
| une chute | dernière phrase d'un texte, conçue pour marquer |
Entraînement
Réécrivez : ce passage est correct mais plat, au niveau B2.
Le gouvernement veut que toutes les écoles passent à quatre jours. Beaucoup de gens sont contents parce que les enfants seront moins fatigués. Mais ce n'est pas sûr que ce soit une bonne idée, parce que les enfants des familles modestes vont perdre du temps pour apprendre. Le journal pense que le gouvernement doit encore réfléchir.
Objectif : au niveau d'un éditorialiste, avec le « nous » du journal, une concession et une chute, en 60 à 70 mots.
Une réécriture possible
On comprend que la réforme plaise : des enfants moins fatigués, l'argument est difficile à contester. Reste à savoir qui en profitera. Pour les familles qui peuvent s'organiser, le jour libéré sera un jour gagné ; pour les autres, un jour perdu. Nous demandons donc au gouvernement d'y réfléchir avant de légiférer : on ne règle pas le temps des enfants comme un horaire de train.
Ce qui a changé
- La concession (On comprend que… l'argument est difficile à contester) remplace le « beaucoup de gens sont contents » et prépare le retournement.
- Reste à savoir qui en profitera est la question qui porte la réfutation, en une phrase courte.
- Le contraste jour gagné / jour perdu donne en six mots ce que le texte plat expliquait en une phrase.
- Le « nous » et le verbe légiférer fixent le registre ; la chute finit sur une image.
En 10 minutes : le journal soutient l'interdiction du téléphone portable au collège. Écrivez le premier paragraphe de l'éditorial (60 à 80 mots) : une accroche et la ligne du journal, avec un « nous ».
Grille d'auto-évaluation :
Un exemple de réponse
Il y a des interdictions qu'on vote pour protéger les enfants, et d'autres pour rassurer les adultes. Celle du téléphone portable au collège relève un peu des deux, et c'est ce qui la rend à la fois populaire et fragile. Nous la soutenons, sans cacher ce que ses adversaires ont de meilleur à dire : on n'apprend pas à se servir d'un écran en le confisquant. Elle soulagera les cours de récréation ; elle ne remplacera pas un projet d'éducation.
Petit quiz
Touchez une réponse pour vérifier.
Pour la dernière phrase d'un éditorial qui s'oppose à la réforme, laquelle choisissez-vous ?
- correcte, mais elle résume comme une note administrative : ni image, ni contraste, rien que l'on retienne
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La semaine de quatre jours restera ce qu'elle est : un cadeau pour les grands, une promesse pour les petits.. la chute condense la ligne en une image ou un contraste ; un résumé neutre n'est pas une chute.
Pour reconnaître l'argument des maires ruraux avant d'y répondre, laquelle choisissez-vous ?
- elle feint la concession tout en rabaissant l'argument : la réfutation qui suit paraîtra dirigée contre un homme de paille
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L'argument est sérieux, et nous ne le balayons pas d'un revers de main.. la concession n'a de valeur que si l'argument adverse est présenté à sa juste force.
Pour la première phrase, qui doit cadrer l'enjeu et donner envie de lire, laquelle choisissez-vous ?
- irréprochable, mais c'est l'attaque d'une dépêche : elle informe, elle n'engage ni ne cadre rien
Afficher la réponse
Il y a des réformes qui séduisent parce qu'elles promettent du repos, et d'autres parce qu'elles promettent des économies.. l'accroche d'un éditorial propose un regard, pas seulement un fait que le lecteur connaît déjà.
Repérez l'erreur
Une phrase est fausse. Touchez-la.
Quelle phrase contient une faute ?
- correcte : espéré reste invariable, car que est complément de réaliser, non de espérer
- correcte : quoi qu'en disent s'écrit en deux mots
- correcte : l'accord du participe avec les est bien fait
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La plupart des maires ruraux y verra une aubaine.. la plupart des + nom pluriel appelle le verbe au pluriel : La plupart des maires ruraux y verront une aubaine.
Mise en situation
Studyfern n'a pas d'outil vocal. Pour pratiquer à l'oral, copiez ce texte dans un assistant IA vocal et parlez avec lui.
Mise en situation. Vous êtes Bertrand Aubry, rédacteur en chef d'un quotidien national, exigeant et pressé. Vous parlez naturellement, en français, et vous me vouvoyez ; j'emploie aussi « vous ». D'abord, vous me donnez un cas inédit : une question de société d'actualité sur laquelle le journal doit prendre position (par exemple la gratuité des transports en commun dans les villes, ou l'obligation de l'uniforme à l'école), avec deux arguments pour et deux contre, chiffres inventés compris. Puis vous me demandez de composer mon éditorial à voix haute, une étape à la fois : mon accroche, ma ligne, le meilleur contre-argument et ma réponse, ma dernière phrase. Une ou deux fois, vous me poussez dans mes retranchements, comme le ferait un vrai rédacteur en chef (« Votre ligne, je ne la vois pas », « Vous caricaturez les adversaires »), et j'ajuste. Ensuite, vous me donnez votre avis en français, point par point : ligne nette, accroche, concession loyale, « nous » sans « je », registre soutenu, chute mémorable, en vous attachant aux nuances, au registre et à la précision, non aux bases. Quand mes quatre réponses remplissent ces critères, vous dites « Mission accomplie ! » et vous me donnez un conseil. Limitez chaque réplique à trois phrases, sauf pour présenter le cas.
Écoutez aussi. Écoutez des locuteurs natifs avant et après : voir les ressources d'écoute gratuites.
Bon à savoir. Les retours d'une IA sur la prononciation sont inégaux : comparez-vous à des enregistrements natifs. Beaucoup d'assistants transforment d'abord votre voix en texte : une voyelle ou une liaison ratée peut être « entendue » comme le bon mot. Ne donnez pas d'informations personnelles : inventez un nom et une ville.
New to this? Read Practising speaking with an AI.
L'essentiel
- Un éditorial est la voix du journal : une ligne claire, énoncée tôt, dans un registre soutenu, avec « nous » et sans « je ».
- On ouvre sur une accroche ; on ferme sur une phrase qui résume la ligne par un contraste ou une image.
- On expose loyalement le meilleur argument adverse (certes, on nous objectera), puis on y répond (mais à quel prix ? ; c'est là que le bât blesse).
- On varie le rythme ; la question rhétorique et l'ironie restent rares.
- Écrire, relire, réécrire, comparer avec un bon modèle : c'est ainsi qu'on progresse au niveau C2.
- L'épreuve écrite du DALF C2 (3 h 30, un exercice) demande un texte structuré d'au moins 700 mots, un éditorial par exemple.
Bilan
Répondez sans revenir en arrière. Avec 80 % ou plus, la mission est marquée comme terminée. Votre résultat reste dans ce navigateur.
Auto-évaluation
Répondez d'abord de tête, puis ouvrez la réponse. Rien n'est enregistré.
Pourquoi un éditorial doit-il exposer le meilleur contre-argument ?
Afficher la réponse
Parce que la réponse ne convainc que si la thèse adverse a été présentée loyalement ; l'ignorer rend le journal faible ou injuste.
Quel est l'effet d'une concession qui rabaisse l'argument qu'elle prétend reconnaître ?
Afficher la réponse
Elle trahit la mauvaise foi : le lecteur y voit un homme de paille, et la réfutation perd sa force.
Quelle est la longueur du texte de l'épreuve écrite du DALF C2, et combien d'exercices comporte-t-elle ?
Afficher la réponse
Au moins 700 mots, en un seul exercice, en 3 h 30.
Pour aller plus loin
- France Éducation international, DALF C2 : le format officiel de l'épreuve.
- France Culture : des chroniques et des débats pour entendre comment on défend une idée avec nuance et élégance.
Terminé ? Marquez la mission pour remplir votre feuille sur la French carte.