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Mission : expliquer le français d'hier et d'aujourd'hui à un collègue curieux

Archaïsmes, équivalents officiels des mots empruntés et débat sur l'écriture inclusive. Les expliquer clairement et avec neutralité dans un courriel de réponse.

FrenchC2 · Culture in depthEnviron 17 min : 15 de lecture, 2 d'entraînementMis à jour le

À la fin de cette mission, vous saurez
  • Expliquer les archaïsmes juridiques nonobstant, ledit et icelui
  • Donner les équivalents français officiels courriel, mot-dièse et infox et dire comment on parle réellement
  • Présenter le débat sur l'écriture inclusive avec les deux positions, sans prendre parti
  • Tenir le registre d'un courriel amical mais précis
  • Rédiger une réponse de 200 à 260 mots
Culture in depth: lesson 4 of 4
  1. C2 · Culture in depth
  2. Mission : analyser un passage littéraire pour un cercle de lecture 14 min
  3. Mission : décrypter la rhétorique d'un discours politique 11 min
  4. Mission : lire la satire et l'ironie dans la presse 12 min
  5. Mission : expliquer le français d'hier et d'aujourd'hui à un collègue curieux 17 min

Niveau Niveau C2 (autour du DALF C2). Français réel : un collègue qui rencontre des mots inconnus dans des contrats, dans la presse et dans des notes de service.

Le cas

Le cas : vous travaillez au service communication d'une entreprise de Toulouse. Julien Moreau, un collègue venu d'un autre secteur, vous envoie un courriel. Il a rencontré trois sortes de mots et ne sait qu'en penser : dans un contrat, nonobstant, icelui et ledit ; dans la presse, courriel, mot-dièse et infox ; dans une note interne, « les salarié·e·s ». Il vous demande de les lui expliquer, et il demande aussi si cette dernière forme est « correcte ». Vous répondez en 200 à 260 mots environ, dans un registre amical mais précis, et vous restez neutre sur le débat, car la note sera discutée par toute l'équipe.

Travaillez à partir des trois documents ci-dessous.

(Documents fictifs.)

Document 1. Courriel de Julien

De : Julien Moreau Objet : Des mots que je ne connais pas

Bonjour,

Trois choses m'ont arrêté cette semaine. Dans un contrat : « nonobstant », « icelui » et « ledit ». Dans la presse : « courriel », « mot-dièse » et « infox » (je disais mail, hashtag et fake news). Et dans la note interne de lundi : « les salarié·e·s ». Peux-tu m'expliquer tout cela, et me dire si cette dernière forme est « correcte » ? Merci d'avance.

Julien

Document 2. Extrait du contrat

Article 7. Nonobstant les dispositions contraires, ladite société reste liée par le présent contrat. Ledit contrat est conclu pour un an ; icelui se renouvelle par tacite reconduction, sauf résiliation écrite.

Document 3. Deux extraits

Note interne de lundi : « Les salarié·e·s sont invité·e·s à remplir le formulaire avant vendredi. »

Article de presse : « Les infox circulent plus vite sous un mot-dièse. Écrivez-nous par courriel. »

Ce qu'une bonne solution exige :

  • Un sens exact et un court exemple pour chaque mot qu'il a cité.
  • Une distinction claire entre archaïsmes (soutenus, rares), recommandations officielles et usage courant.
  • Les deux positions sur l'écriture inclusive, exposées équitablement, sans prendre parti.
  • Un registre amical et clair, avec tu (un collègue), et une proposition d'aide.
  • De 200 à 260 mots, sous forme de courriel, avec un objet et une formule de clôture.

Votre boîte à outils :

  • nonobstant : malgré (soutenu, juridique) ;
  • ledit, ladite, lesdits : le dit, c'est-à-dire déjà mentionné ;
  • icelui, icelle : celui-ci, celle-ci (très rare) ;
  • courriel : terme officiel pour e-mail ;
  • mot-dièse : terme officiel pour hashtag ;
  • infox : terme officiel pour fake news.

Nonobstant est surtout une préposition (parfois un adverbe) : nonobstant les dispositions contraires = « malgré toute disposition contraire ». Il est invariable.

Ledit s'accorde : ledit contrat, ladite société, lesdits salariés, lesdites clauses. Il renvoie à ce qui a déjà été nommé dans le texte.

Icelui (et icelle, iceux, icelles) est une ancienne forme de celui-ci. Elle est aujourd'hui très rare, même dans les textes juridiques.

Les équivalents officiels sont des recommandations de la Commission d'enrichissement de la langue française, publiées au Journal officiel. Dans la conversation, on dit souvent mail et hashtag ; les termes français sont courants dans l'administration et la presse. Au Québec, l'Office québécois de la langue française préfère mot-clic.

L'écriture inclusive recouvre plusieurs pratiques : le point médian (les salarié·e·s), les doublets (les salariées et les salariés) et d'autres formes. Le débat porte sur la lisibilité, la visibilité des femmes, la tradition et les règles de la grammaire.

Formules neutres : les avis divergent, certains estiment que…, d'autres jugent que…, d'un côté… de l'autre…

Vérification rapide

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Dans un contrat, que reprend « ladite clause » ?

    Afficher la réponse

    une clause déjà mentionnée plus haut dans le texte. ledit, ladite reprennent ce qui a déjà été mentionné.

Pourquoi c'est important

Contrats, courriers officiels, journaux et notes de service mêlent le français d'hier et celui d'aujourd'hui. Les juristes, les communicants, les responsables des ressources humaines, les administratifs et les traducteurs reçoivent ces questions chaque semaine, et la réponse doit être exacte et équitable. L'écriture inclusive, en particulier, divise les lecteurs : une explication neutre permet à une équipe de choisir elle-même sa charte rédactionnelle sans transformer la question en querelle. La même compétence (expliquer clairement et avec équilibre) sert à l'épreuve orale du DALF C2, où l'on développe son point de vue et où l'on débat avec le jury, et à l'épreuve écrite, qui demande un texte structuré.

La solution

La solution. Règle de comptage : les mots sont séparés par des espaces ; la ponctuation isolée ne compte pas. Le courriel modèle ci-dessous compte 228 mots, objet et signature compris.

Objet : Les mots que tu as repérés

Bonjour Julien,

Voici quelques repères sur les mots qui t'ont intrigué.

Le français juridique garde des archaïsmes. « Nonobstant » signifie « malgré » : « nonobstant les dispositions contraires » veut dire « sans tenir compte des dispositions contraires ». « Ledit » (ladite, lesdits) signifie « le dit », c'est-à-dire déjà mentionné : « ladite société ». « Icelui » est une vieille forme de « celui-ci » ; elle est devenue très rare. Ces mots sont formels et vieillis, mais on les rencontre encore dans des contrats et des actes.

Pour les mots plus récents, des commissions officielles recommandent des équivalents français : « courriel » pour e-mail, « mot-dièse » pour hashtag, « infox » pour fake news, publiés au Journal officiel sur proposition de la Commission d'enrichissement de la langue française (le Québec préfère « mot-clic »). Ce sont des recommandations ; à l'oral, beaucoup de gens disent « mail » ou « hashtag », et les deux usages coexistent.

Reste l'écriture inclusive, sur laquelle les avis divergent. Certains estiment qu'elle rend les femmes plus visibles et accompagne l'évolution de la langue ; ils pratiquent le point médian (« les salarié·e·s ») ou les doublets (« les salariées et les salariés »). D'autres jugent le point médian difficile à lire, surtout à voix haute ou pour certains lecteurs, et éloigné de la norme grammaticale ; ils préfèrent les doublets ou une tournure neutre (« le personnel »).

Je ne tranche pas : à l'équipe de choisir ce qui convient à son public.

N'hésite pas si tu veux d'autres exemples.

Florence

Pourquoi ça marche :

  • Chaque mot reçoit un sens et, si besoin, un exemple (nonobstant les dispositions contraires, ladite société).
  • Le courriel sépare trois catégories : archaïsmes, recommandations officielles et usage réel.
  • Il parle de recommandations, non de règles, et note que mail et hashtag sont courants à l'oral.
  • Les deux positions sur l'écriture inclusive apparaissent dans des phrases équilibrées (certains estiment… d'autres jugent…).
  • Il refuse de prendre parti et laisse le choix à l'équipe.
  • Le registre est amical (tu, N'hésite pas) mais précis.

Français réel : dans la conversation, la plupart des gens disent un mail. Courriel est le mot recommandé ; il est très courant au Québec et dans l'écriture administrative. Mot-dièse et infox sont les recommandations en France, tandis que le Québec préfère mot-clic.

Erreurs fréquentes

Traiter une recommandation comme une règle : wrong: On n'a pas le droit de dire « mail ». Dites que « courriel » est le terme recommandé et que les deux s'emploient.

Prendre parti sur l'écriture inclusive : wrong: Cette écriture est absurde. ou wrong: Seuls ceux qui l'emploient respectent les femmes. Dans un courriel d'équipe, présentez les deux points de vue et laissez le choix ouvert.

Employer des archaïsmes dans son propre texte pour l'effet : wrong: Icelui est invité à se présenter. Dans un courriel ordinaire, écrivez Celui-ci est invité…

Se tromper d'accord : wrong: ledit société. Écrivez ladite société.

Pour aller plus loin : comment ces mots se rattachent les uns aux autres

Ledit contient l'ancien article le et le participe dit : il s'accorde donc comme eux (ledit, ladite, lesdits, lesdites). Icelui est un ancien démonstratif, de la même famille que celui-ci. Courriel est la contraction de courrier électronique ; il se comporte comme un nom français ordinaire (un courriel, des courriels).

Vérification rapide

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Dans un courriel d'équipe sur l'écriture inclusive, laquelle de ces phrases est neutre ?

    Afficher la réponse

    Les avis divergent : certains y voient une visibilité accrue, d'autres une lecture plus difficile.. les deux points de vue sont présentés, sans verdict.

Mots clés

un archaïsme
mot ou tournure ancienne, rare aujourd'hui
nonobstant
malgré (registre soutenu, juridique)
ledit, ladite
le dit, la dite : déjà mentionné (s'accorde en genre et en nombre)
icelui, icelle
ancienne forme de celui-ci, celle-ci
un néologisme
mot récemment créé
un anglicisme
mot ou tournure d'origine anglaise employé en français
courriel
terme recommandé pour e-mail
mot-dièse
terme recommandé pour hashtag
infox
terme recommandé pour fake news
le point médian
point à mi-hauteur utilisé dans des formes comme salarié·e·s
un doublet
écriture des deux formes en toutes lettres : les salariées et les salariés

Révisez les mots clés

Tap a card to turn it over. 11 cards.

FrontBack
un archaïsmemot ou tournure ancienne, rare aujourd'hui
nonobstantmalgré (registre soutenu, juridique)
ledit, laditele dit, la dite : déjà mentionné (s'accorde en genre et en nombre)
icelui, icelleancienne forme de celui-ci, celle-ci
un néologismemot récemment créé
un anglicismemot ou tournure d'origine anglaise employé en français
courrielterme recommandé pour e-mail
mot-dièseterme recommandé pour hashtag
infoxterme recommandé pour fake news
le point médianpoint à mi-hauteur utilisé dans des formes comme salarié·e·s
un doubletécriture des deux formes en toutes lettres : les salariées et les salariés

Votre tâche

Un nouveau cas, ouvert au public de la ville. Vous travaillez à la médiathèque de Brémont, une ville fictive, et l'on vous demande une fiche pour une soirée publique. Appuyez-vous sur les trois documents ci-dessous.

(Documents fictifs.)

Document 1. Courriel de la responsable de la médiathèque

De : Odile Ferrand Objet : Fiche pour la soirée « La langue en débat »

Bonjour,

Pour vendredi, j'ai retenu deux textes inventés : le discours d'un maire fictif et la chronique qui lui répond. J'aimerais une fiche que le public lira en entrant : de 300 à 360 mots, avec le vouvoiement. Elle doit expliquer comment le discours persuade, comment la chronique fait rire, et ce que signifient les mots qui surprendront. La charte laisse chaque service libre entre le point médian (« les agent·e·s ») et les doublets (« les agentes et les agents ») : la salle sera partagée, donc pas de verdict. Surtout, coupez ce qui n'aide pas : le public n'aura que cinq minutes.

Odile Ferrand

Document 2. Extrait du discours du maire de Brémont (fictif)

Brémontoises, Brémontois, chers amis,

Pendant trente ans, j'ai été instituteur ; j'ai corrigé bien des copies, et je sais ce qu'une phrase claire apporte à un enfant. Nous voulons des courriers lisibles. Nous voulons des panneaux compréhensibles. Nous voulons une langue qui nous rassemble.

Le choix est simple : ou bien nous adoptons la charte, ou bien nous laissons chacun écrire à sa guise, au risque de la confusion. Certains parlent de règlement obligatoire. Moi, je parle d'un cadre d'harmonisation, que chaque service appliquera. Un sondage montre que huit habitants sur dix se perdent dans nos formulaires. Les infox ne passeront pas par la mairie. Ensemble, nous écrirons la commune de demain, dans les meilleurs délais.

Document 3. Chronique du journal local (fictive)

Le Billet. Salut à la charte ! Il aura fallu trois ans de commissions pour que Brémont découvre qu'il écrivait mal. Désormais, ladite charte, nonobstant l'avis de la grammaire, qui n'a pas été consultée, s'imposera à tous les services ; icelle sera affichée en mairie, en trois exemplaires, tous en retard. Ce texte, paratonnerre contre la poésie, ne laissera passer ni la virgule rêveuse ni l'adjectif de trop. Notre maire, dont la clarté est proverbiale, a promis « une langue qui nous rassemble » : on attend avec impatience le premier courriel qui rassemblera quelqu'un. D'ici là, un mot-dièse officiel, #BrémontParleClair, est à l'étude ; son mode d'emploi compte quatre pages. La charte sera relue par un comité de relecture, lui-même relu par un comité de lecture. Parler clair, c'est bien ; encore faut-il s'être compris.

Rédigez la fiche. Longueur : de 300 à 360 mots.

Corrigé

Afficher le corrigé

Règle de comptage : les mots sont séparés par des espaces ; la ponctuation isolée ne compte pas ; le signe # fait partie du mot qui le suit. La fiche ci-dessous compte 346 mots, titre compris.

La langue de la commune : un discours, une chronique, quelques mots

Ce soir, deux textes inventés parlent de la même charte : un discours, puis une chronique qui s'en moque. Les lire ensemble vous aidera à entendre comment on persuade, comment on fait rire et pourquoi certains mots surprennent.

Le discours : comment il persuade. Le maire construit son ethos avec « j'ai été instituteur ». Il s'appuie sur une anaphore, « Nous voulons… », répétée trois fois, et sur un « nous » inclusif qui ne dit pas qui décidera. Le faux dilemme (« ou bien nous adoptons la charte, ou bien… la confusion ») présente deux options seulement. L'expression « cadre d'harmonisation » remplace le « règlement obligatoire » évoqué plus haut. Le sondage ne cite pas sa source, et « dans les meilleurs délais » ne fixe aucune date. Ces procédés se retrouvent chez des orateurs de tous bords.

La chronique : pourquoi elle ne se lit pas au pied de la lettre. C'est de la satire. L'antiphrase « dont la clarté est proverbiale » fait entendre l'inverse ; la logique absurde d'un comité relu par un autre comité grossit le trait ; la métaphore « paratonnerre contre la poésie » fait de la charte un rempart contre toute inspiration. La cible n'est pas un maire réel : c'est la manie de régler la langue par des comités. La chute, « encore faut-il s'être compris », rappelle que parler clair ne se décrète pas.

Les mots. Nonobstant signifie « malgré » ; ladite reprend ce qui a déjà été nommé ; icelle est une ancienne forme de « celle-ci », très rare : la chronique les emploie pour parodier le style juridique. Courriel, mot-dièse et infox sont les termes recommandés pour e-mail, hashtag et fake news ; ce sont des recommandations, et l'on dit encore souvent mail et hashtag.

Le point médian : un débat ouvert. Certains estiment que le point médian (« agent·e·s ») rend les femmes plus visibles dans les textes et suit l'évolution de la langue. D'autres jugent que le point médian complique la lecture, surtout à voix haute ou pour certains lecteurs, et s'écarte de la norme grammaticale. Chaque position a ses arguments ; la charte laisse le choix aux services, et vous vous ferez votre idée.

Pourquoi ça marche

  • Chaque affirmation s'appuie sur une citation et sur un verbe neutre (s'appuie sur, remplace, ne cite pas, ne fixe aucune) : le maire n'est ni jugé ni ménagé.
  • La chronique est expliquée par ses signaux (antiphrase, logique absurde, métaphore) puis par sa cible, ce qui répond à « pourquoi rit-on ? » sans raconter le texte.
  • Les mots sont rangés en deux catégories, archaïsmes et recommandations, et la recommandation reste une recommandation.
  • Les deux positions sur le point médian ont la même longueur et la même structure : chacune garde son meilleur argument et la fiche ne conclut pas.
  • Tout est sacrifié au temps du public : un seul exemple par procédé, aucun résumé, des phrases courtes, et un registre que le public reconnaîtrait comme naturel.

Ce qu'un relecteur reprocherait

  • Une fiche qui raconte le discours et la chronique au lieu de les analyser : le public les lit juste à côté.
  • « Le maire manipule les habitants » ou « la chronique est cruelle » : un verdict, là où l'on demande une description.
  • Une position sur le point médian plus longue ou plus chaleureuse que l'autre, ou la conclusion « mieux vaut éviter » : le déséquilibre est un parti pris déguisé.
  • Courriel présenté comme obligatoire, ou icelle expliqué par un synonyme faux.
  • Quatre exemples du même procédé : le public n'a que cinq minutes.

Entraînement

Réécrivez : ce passage est correct, mais plat.

Il y a des mots anciens dans les contrats, comme nonobstant. Ça veut dire malgré. Il y a aussi des mots officiels, comme courriel. Les gens disent plutôt mail, mais ce n'est pas interdit.

Cible : au niveau d'un communicant, en 50 à 70 mots, en distinguant nettement archaïsme, recommandation et usage, avec un exemple.

Une réécriture possible

Le français juridique conserve des archaïsmes : « nonobstant », par exemple, signifie « malgré » et ne s'emploie plus guère hors des contrats. Les termes officiels, eux, relèvent de la recommandation : « courriel » est le mot que la Commission d'enrichissement de la langue française propose pour « e-mail ». L'usage, enfin, suit son cours : à l'oral, beaucoup disent « mail », sans que ce soit interdit.

Ce qui a changé :

  • Trois catégories apparaissent explicitement : archaïsme, recommandation, usage.
  • Les formules orales (« Il y a », « Ça veut dire ») cèdent la place à un registre soutenu (conserve, relèvent de, suit son cours).
  • Un exemple accompagne chaque catégorie.
  • La phrase finale évite de transformer la recommandation en règle.

En 10 minutes : rédigez le paragraphe de votre courriel consacré à l'écriture inclusive (60 à 80 mots) : les deux positions, équilibrées, et le choix laissé à l'équipe.

Grille d'auto-évaluation :

Un exemple de réponse

Sur l'écriture inclusive, les avis divergent. Certains estiment qu'elle donne plus de visibilité aux femmes et accompagne l'évolution de la langue ; d'autres jugent qu'elle complique la lecture, surtout à voix haute, et s'éloigne de la norme grammaticale. Les doublets, plus classiques pour les uns, plus longs pour les autres, ne font pas davantage l'unanimité. Je ne tranche pas : c'est à l'équipe de choisir la forme qui convient à son public.

Petit quiz

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Dans un courriel destiné à toute l'équipe, laquelle de ces deux phrases présente le mieux la différence entre recommandation et usage ?

    Afficher la réponse

    « Courriel » est le terme recommandé ; à l'oral, « mail » reste très répandu, et les deux coexistent.. une recommandation n'interdit rien ; le courriel doit rendre compte des deux réalités.

  2. Dans un courriel à l'équipe, laquelle de ces deux phrases convient le mieux ?

    Afficher la réponse

    Malgré le retard de la livraison, nous maintenons la réunion.. nonobstant appartient aux textes juridiques ; dans un courriel ordinaire, malgré est le mot juste.

  3. Julien demande si « les salarié·e·s » est « correct ». Laquelle de ces deux réponses est la plus équilibrée ?

    Afficher la réponse

    Les avis divergent sur cette forme : l'équipe peut choisir celle qui convient à son public.. pour une note discutée par toute l'équipe, on expose les positions et on laisse la décision à l'équipe.

Repérez l'erreur

Une phrase est fausse. Touchez-la.

  1. Quelle phrase contient une faute ?

    Afficher la réponse

    Les recommandations que la Commission a publié sont consultables au Journal officiel.. le complément d'objet direct que (mis pour les recommandations) précède l'auxiliaire avoir : le participe s'accorde. On écrit que la Commission a publiées.

Mise en situation

Studyfern n'a pas d'outil vocal. Pour pratiquer à l'oral, copiez ce texte dans un assistant IA vocal et parlez avec lui.

Mise en situation. Vous êtes Julien Moreau, un collègue du service communication d'une entreprise de Toulouse, curieux et exigeant, qui n'aime ni les réponses approximatives ni les réponses qui prennent parti. Je suis au niveau C2 et nous nous tutoyons. Proposez-moi une nouvelle version du cas : interrogez-moi sur trois mots que vous avez rencontrés (par exemple nonobstant, ledit, courriel, mot-dièse ou infox) et sur la question de l'écriture inclusive dans une note d'équipe. Je réponds à l'oral ou par dictée, une partie à la fois. Une fois ou deux, relancez-moi comme le ferait un vrai collègue (« Alors, c'est interdit de dire mail ? », « Et toi, tu en penses quoi ? »). Ensuite, donnez-moi votre appréciation en français, d'après ces critères : un sens exact et un exemple pour chaque mot ; une distinction entre archaïsmes, recommandations officielles et usage réel ; les deux positions sur l'écriture inclusive, sans prendre parti ; un registre amical avec tu ; une longueur de courriel, soit 200 à 260 mots environ. Insistez sur la nuance, le registre et la précision, non sur les bases. La mission est accomplie quand tous les critères sont remplis : dites alors « Mission accomplie ! » et donnez-moi un conseil. Limitez chaque réplique à trois phrases, sauf pour présenter le cas.

Écoutez aussi. Écoutez des locuteurs natifs avant et après : voir les ressources d'écoute gratuites.

Bon à savoir. Les retours d'une IA sur la prononciation sont inégaux : comparez-vous à des enregistrements natifs. Beaucoup d'assistants transforment d'abord votre voix en texte : une voyelle ou une liaison ratée peut être « entendue » comme le bon mot. Ne donnez pas d'informations personnelles : inventez un nom et une ville.

New to this? Read Practising speaking with an AI.

L'essentiel

  • Des archaïsmes comme nonobstant, ledit et icelui survivent dans le français juridique soutenu ; icelui est très rare.
  • Ledit s'accorde en genre et en nombre : ladite société.
  • La terminologie officielle recommande courriel, mot-dièse et infox ; l'usage oral garde souvent mail et hashtag.
  • Sur l'écriture inclusive, on présente les deux positions (certains estiment… d'autres jugent…) et l'on laisse le choix à l'équipe.
  • Une bonne réponse est amicale, précise, et de la longueur d'un courriel.

Auto-évaluation

Répondez d'abord de tête, puis ouvrez la réponse. Rien n'est enregistré.

  1. Que signifie « ladite société », et pourquoi est-ce au féminin ?

    Afficher la réponse

    « La société dont on a déjà parlé » ; ledit s'accorde avec le nom féminin société et devient ladite.

  2. Citez les trois équivalents officiels de cette leçon et les mots empruntés qu'ils remplacent.

    Afficher la réponse

    Courriel (e-mail), mot-dièse (hashtag), infox (fake news).

  3. Comment présenter l'écriture inclusive de façon neutre ?

    Afficher la réponse

    En exposant équitablement les deux positions (par exemple visibilité d'un côté, lisibilité et grammaire de l'autre) et en laissant le choix au lecteur ou à l'équipe.

Pour aller plus loin

  • RFI : l'actualité en français, pour remarquer quels mots les journalistes choisissent et lesquels reviennent à l'oral.
  • TV5MONDE : des reportages et des ressources pour observer le vocabulaire courant dans différents pays francophones.