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Mission : rédiger un texte structuré de 700 mots à partir d'un dossier

Transformer un dossier de 2 000 mots en un article structuré d'au moins 700 mots. Lire vite, choisir un angle, exploiter les sources sans les recopier.

FrenchC2 · Exam levelEnviron 27 min : 25 de lecture, 2 d'entraînementMis à jour le

À la fin de cette mission, vous saurez
  • Citer l'épreuve écrite du DALF C2 (3 h 30, un texte structuré d'au moins 700 mots à partir d'un dossier d'environ 2 000 mots)
  • Lire un long dossier efficacement et en dégager la problématique
  • Construire un plan en trois parties avec un angle personnel
  • Intégrer les sources sans les recopier et apporter sa propre contribution
  • Répartir son temps sur une longue séance d'écriture
C2 exam skills: lesson 4 of 4
  1. C2 · Exam level
  2. Mission : relire et corriger son propre texte au niveau C2 15 min
  3. Mission : rendre compte d'un document sonore 16 min
  4. Mission : développer son point de vue, puis débattre avec le jury 15 min
  5. Mission : rédiger un texte structuré de 700 mots à partir d'un dossier 27 min

Niveau Niveau C2 (autour du DALF C2). Français réel : rédiger un article ou un rapport pour un magazine ou une mairie à partir d'un dossier.

Le cas

Le cas : vous êtes Inès Marchand, journaliste indépendante à Nantes. Le conseil municipal votera en novembre sur l'ouverture des bibliothèques municipales le dimanche. La rédactrice en chef d'un magazine local indépendant vous commande un article d'au moins 700 mots pour le prochain numéro. Vous recevez un dossier d'environ 2 000 mots : un rapport municipal, une déclaration du syndicat des bibliothécaires, une tribune de sociologue, une enquête et deux lettres de lecteurs. L'article s'adresse à des lecteurs ordinaires : il doit informer, prendre parti et rester lisible. Vous avez un après-midi pour le remettre.

Ce qu'une bonne solution exige :

  • une problématique claire (la question à laquelle tout l'article répond) ;
  • un plan en deux ou trois parties, qui s'annonce et construit vers une réponse ;
  • des sources exploitées et attribuées, reformulées, avec des faits exacts ;
  • un apport personnel : un angle, un exemple ou une proposition qui ne figure pas dans le dossier ;
  • un titre, une introduction, une conclusion, au moins 700 mots et un registre constant.

(Documents fictifs.)

Trois extraits du dossier (le vrai dossier donne les textes entiers) :

Document 1. Rapport municipal (extrait)

Une enquête menée en 2025 auprès de 1 200 habitants montre que 41 % des personnes qui n'empruntent jamais de livres invoquent le manque de temps en semaine. Dans les trois villes voisines qui ont testé l'ouverture le dimanche, la fréquentation a augmenté de 18 % la première année, avec une forte présence de familles et d'étudiants. Le coût supplémentaire est estimé à 160 000 euros par an, surtout pour les salaires et le chauffage. Le rapport recommande une expérimentation de douze mois dans deux bibliothèques, suivie d'une évaluation publique.

Document 2. Déclaration du syndicat des bibliothécaires (extrait)

Nous ne sommes pas opposés à l'ouverture dominicale, mais nous refusons qu'elle repose sur le volontariat de façade. Les équipes sont déjà en sous-effectif, et le week-end est le seul temps où beaucoup de collègues voient leurs enfants. Si l'on ne crée pas de postes, on remplacera des agents titulaires par des contrats courts, ce qui fragilise le service. Nous demandons une compensation claire, un volontariat réel et un bilan social à la fin de l'expérimentation. Une bibliothèque n'est pas un guichet : sans personnel formé, elle ne remplit plus sa mission.

Document 3. Tribune d'un sociologue (extrait)

Le dimanche, presque tous les lieux ouverts sont payants : centres commerciaux, cinémas, cafés. La bibliothèque est l'un des rares espaces où l'on peut rester sans rien dépenser, travailler, lire ou simplement ne pas être seul. L'ouvrir ce jour-là, c'est offrir un lieu de sociabilité gratuit à ceux qui en ont le plus besoin, étudiants sans salle de travail ou personnes âgées isolées. Mais on ne peut pas, au nom de l'accès, demander à une profession de renoncer à son repos : l'égalité d'accès ne justifie pas toutes les contraintes.

À titre de repère, l'épreuve écrite du DALF C2 dure 3 h 30 et comporte un seul exercice : un texte structuré (article, éditorial, rapport, discours…) d'au moins 700 mots sur une question donnée, rédigé à partir d'un dossier de documents d'environ 2 000 mots et de vos idées. Le seuil de réussite est de 50 sur 100 pour l'ensemble des deux épreuves, avec au moins 10 sur 50 à chacune. Ici, il faut prendre position et la développer sur beaucoup plus d'espace.

Votre boîte à outils (notre méthode d'entraînement, pas une règle de l'examen) :

  1. Lire le dossier : un premier passage rapide (titre, premières et dernières lignes de chaque document).
  2. Dégager la problématique : une seule question que tous les documents touchent.
  3. Bâtir le plan : trois parties, chacune portant une thèse.
  4. Placer les sources : au moins deux documents par partie, jamais un seul (notre méthode).
  5. Ajouter votre apport : un exemple, une proposition ou une nuance qui vous appartient.
  6. Écrire et vérifier : introduction, trois parties, conclusion ; compter les mots.

Notre répartition suggérée pour 3 h 30 (à adapter) : environ 40 minutes pour lire et annoter, 20 minutes pour la problématique et le plan, 2 heures pour rédiger, 20 minutes pour relire et corriger, 10 minutes pour compter les mots et soigner la mise en page.

Exploiter les sources sans les recopier :

  • citer un document : selon le rapport municipal… ; le syndicat rappelle que… ; l'enquête révèle que…
  • chiffrer : 41 % des habitants, selon l'enquête…
  • prendre de la distance : il est avancé que… ; d'aucuns estiment que…
  • faire entendre sa voix : pour ma part… ; à mon sens… ; j'ajouterais que…
Pour aller plus loin : lire 2 000 mots en quarante minutes

Lisez par couches. D'abord, la première et la dernière phrase de chaque paragraphe, pour savoir de quoi parle chaque document. Ensuite, repérez en marge les chiffres, les noms propres et les affirmations que plusieurs documents répètent : c'est le cœur de la problématique. Enfin, notez une étiquette d'une ligne par document (« chiffres », « inquiétude du personnel », « enjeu de société »). Ne recopiez jamais de phrases dans vos notes : des étiquettes courtes, dans vos propres mots, pour que l'article soit le vôtre dès le départ.

Vérification rapide

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Vous disposez d'un dossier de cinq documents. Quel plan convient le mieux à un article de 700 mots ?

    Afficher la réponse

    Deux ou trois idées, chacune appuyée par un ou deux documents, avec un point de vue qui traverse tout le texte. le plan s'organise par idées, non par documents, et votre apport fait partie de l'argument.

Pourquoi c'est important

Cet exercice existe tel quel dans une rédaction, un service de communication, un ministère ou un cercle de réflexion : on vous remet un dossier et on attend un article, un éditorial ou un rapport lisible, exact, qui défende une ligne. Il ne s'agit pas de résumer, mais de décider ce qui compte et de bâtir un raisonnement sur la matière d'autrui.

La solution

La solution. Le dossier est celui du cas ci-dessus : trois extraits d'un dossier d'environ 2 000 mots, tous inventés. Voici l'article d'Inès.

L'article (titre et corps ; texte de notre composition, 771 mots titre compris et 759 mots sans le titre : les mots sont séparés par des espaces, la ponctuation isolée, comme un deux-points ou un point d'interrogation seul, n'est pas comptée, l'ouverture et garde-fous comptent chacun pour un mot) :

Bibliothèques le dimanche : un service de plus ou un service de trop ?

Le dimanche, la ville ralentit, mais elle ne s'arrête pas : les marchés s'animent, les centres commerciaux accueillent des milliers de visiteurs et les bibliothèques, elles, restent closes. Le conseil municipal examinera en novembre une proposition qui paraît généreuse : les ouvrir ce jour-là. Elle soulève pourtant une question plus large : comment élargir l'accès à la culture sans fragiliser celles et ceux qui la font vivre ? Nous verrons d'abord ce que l'ouverture dominicale apporterait aux habitants, puis ce qu'elle exigerait des équipes, avant de défendre l'idée d'un essai honnête, à des conditions précises.

Les arguments en faveur de l'ouverture sont d'abord sociaux. Selon l'enquête municipale, 41 % des habitants qui n'empruntent jamais de livres invoquent le manque de temps en semaine : le dimanche, ce frein disparaît. Les villes voisines qui ont tenté l'expérience ont vu leur fréquentation progresser de 18 % dès la première année, surtout grâce aux familles et aux étudiants. Le sociologue qui signe une tribune sur le sujet va plus loin : presque tous les lieux ouverts le dimanche sont payants, alors que la bibliothèque permet de rester, de travailler ou simplement de ne pas être seul sans rien dépenser. Pour une personne âgée dont la semaine est rythmée par les visites et le dimanche par le silence, ce n'est pas un détail. Pour ma part, j'ai longtemps cru que la lecture publique était une affaire de livres ; en passant mes dimanches de jeune étudiante dans une salle de lecture de quartier, j'ai compris qu'elle était d'abord une affaire de place : une chaise, une lampe, des voisins silencieux qui rendent le travail possible. Ce n'est pas un hasard si les étudiants figurent parmi les premiers publics cités : beaucoup travaillent dans des logements trop petits ou trop bruyants et, le dimanche, quand les salles universitaires ferment, ils n'ont presque aucune solution gratuite. Quant aux familles, elles trouvent à la bibliothèque une activité qui ne coûte rien et qui ne ressemble ni à une sortie commerciale ni à une garderie : un enfant qui choisit seul un album, un parent qui feuillette un magazine, voilà une scène de dimanche qui vaut bien un après-midi devant un écran.

Cependant, un service ne s'ouvre pas tout seul. Le syndicat des bibliothécaires ne s'oppose pas au projet, mais il pose trois conditions qu'on ne saurait balayer : un volontariat réel, une compensation claire et un bilan social à la fin de l'essai. Faute de création de postes, avertit-il en outre, on remplacerait des agents titulaires par des contrats courts, et la bibliothèque deviendrait un guichet plus qu'un lieu de conseil. L'argument est d'autant plus solide que le coût supplémentaire, estimé à 160 000 euros par an, dépend en grande partie des salaires. Autrement dit, la vraie question n'est pas de savoir si l'on peut ouvrir, mais si l'on veut payer ce que cela suppose. Le sociologue lui-même le reconnaît : au nom de l'égalité d'accès, on ne peut pas demander à toute une profession de renoncer à son repos. Il y a là un paradoxe que la municipalité ne résoudra pas par un slogan : le service public qui s'élargit est aussi un employeur qui doit rester juste.

Reste à trouver une voie praticable. Le rapport municipal en suggère une, que je crois sensée : une expérimentation de douze mois dans deux bibliothèques seulement, suivie d'une évaluation publique. J'y ajouterais deux garde-fous qui ne figurent pas dans le dossier. D'abord, choisir les deux sites avec soin : un quartier universitaire, où l'on sait que le besoin existe, et un quartier d'habitat dense mais éloigné du centre, où la bibliothèque est parfois le seul équipement culturel. Ensuite, confier le bilan à un comité mixte où siégeraient des usagers, des élus et des représentants du personnel, afin que les chiffres de fréquentation ne soient pas les seuls juges. Il faudrait aussi dire clairement aux habitants ce que l'on teste : des horaires lisibles, affichés partout, et un engagement de la ville à publier les résultats, bons ou mauvais. Une expérience dont personne ne connaît les règles ne prouve rien. Si l'essai montre que l'on vient, mais que les équipes s'épuisent, il faudra le dire et le corriger. S'il montre l'inverse, il faudra le dire aussi.

En somme, ouvrir le dimanche n'est ni une évidence ni une folie. C'est un pari sur ce que nous voulons faire de notre temps commun : une ville qui ne se retrouve que dans les magasins, ou une ville qui garde, un jour par semaine, un lieu où l'on entre sans rien acheter. À condition que ceux qui l'ouvriront soient respectés, la réponse me paraît claire : essayons, mesurons, puis décidons ensemble.

Pourquoi ça marche : l'introduction pose une problématique et annonce le plan ; chaque partie s'appuie sur deux documents et non sur un seul (l'enquête et le sociologue pour les bénéfices, le syndicat et le chiffre du coût pour les difficultés) ; les sources sont attribuées de manières variées (selon l'enquête municipale, le syndicat…, avertit-il), si bien que le texte ne ressemble jamais à une liste d'extraits ; l'apport personnel de la rédactrice, absent des extraits, revient à plusieurs endroits (son souvenir des salles de lecture, la remarque sur les étudiants mal logés et les salles universitaires fermées, le paragraphe sur les familles et les albums, le choix de deux sites, le comité d'évaluation mixte, les horaires et résultats publiés) ; enfin la conclusion répond à la question au lieu de la répéter. Les faits et les chiffres sont exacts ; aucune phrase du dossier n'est recopiée.

Du français réel : un garde-fou (littéralement une barrière) est le mot courant, au sens figuré, pour une protection contre les dérives ; d'autant plus… que sert à dire qu'une chose est d'autant plus vraie qu'une autre le justifie.

Erreurs fréquentes

Trois habitudes gâtent la plupart des longs textes écrits à partir d'un dossier. D'abord, le copier-coller : wrong: Selon le rapport, « une enquête menée en 2025 auprès de 1 200 habitants montre que… » Une phrase reprise mot pour mot prouve que vous l'avez lue, pas que vous l'avez comprise. Ensuite, le résumé suivi d'un avis : votre point de vue doit irriguer l'article, non attendre la dernière ligne. Enfin, la dérive de registre : un article de magazine n'appelle ni argot ni style administratif raide, mais il doit rester constant de la première à la dernière ligne.

Vérification rapide

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Laquelle de ces phrases exploite le mieux une source dans votre article ?

    Afficher la réponse

    Le syndicat prévient que, faute de création de postes, des contrats courts remplaceraient des agents titulaires.. attribuez l'idée, reformulez-la, gardez les faits exacts.

Mots clés

une problématique
question centrale à laquelle répond un texte
un dossier documentaire
ensemble de documents fournis pour construire un texte
une tribune
texte d'opinion publié dans un journal
l'ouverture dominicale
le fait d'ouvrir le dimanche
une expérimentation
essai limité dans le temps, avant décision
un garde-fou
protection contre les dérives
selon…
d'après (marque une source)
avertir que
prévenir d'un danger ou d'une conséquence
d'autant plus… que
d'une façon d'autant plus forte que (marque une raison supplémentaire)
en somme
pour résumer, tout bien considéré

Révisez les mots clés

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une problématiquequestion centrale à laquelle répond un texte
un dossier documentaireensemble de documents fournis pour construire un texte
une tribunetexte d'opinion publié dans un journal
l'ouverture dominicalele fait d'ouvrir le dimanche
une expérimentationessai limité dans le temps, avant décision
un garde-fouprotection contre les dérives
selon…d'après (marque une source)
avertir queprévenir d'un danger ou d'une conséquence
d'autant plus… qued'une façon d'autant plus forte que (marque une raison supplémentaire)
en sommepour résumer, tout bien considéré

Votre tâche

Vous êtes Camille Dufour, journaliste au Courrier de Valmorin, l'hebdomadaire d'une petite ville. Le conseil municipal votera en décembre sur le passage d'un à deux repas végétariens par semaine dans les trois cantines scolaires. Le rédacteur en chef, Arnaud Vidal, vous commande une tribune signée pour le numéro qui précède le vote. Ses lecteurs sont des habitants, dont beaucoup de parents : ils veulent comprendre l'enjeu, savoir ce que vous en pensez et voir prendre au sérieux ceux qui pensent autrement.

Rédigez, avec un titre, un texte structuré d'au moins 700 mots, à partir des trois documents ci-dessous. À l'épreuve, le dossier compte environ 2 000 mots et l'on dispose de 3 h 30 ; ici, le dossier est plus court, mais l'exigence de longueur reste la même. Notre méthode : prévoir environ 20 minutes de relecture, en passes séparées.

(Documents fictifs.)

Document 1. Note de la direction de l'éducation (extrait)

De janvier à juin, les trois cantines scolaires de Valmorin ont servi deux repas végétariens par semaine, au lieu d'un. Les menus ont été composés avec la diététicienne de la ville.

IndicateurAvant (un repas)Test (deux repas)
Plats laissés dans l'assiette24 %19 %
Coût des denrées par repas2,10 €1,95 €
Fréquentation de la cantine86 %83 %

Le coût est une moyenne sur la semaine.

Document 2. Lettre ouverte du collectif de parents de l'école des Tilleuls (extrait)

Nous ne sommes pas opposés à une cantine plus végétale. Mais depuis janvier, la fréquentation de la cantine des Tilleuls est passée de 88 % à 78 %. Des enfants nous disent qu'ils ne mangent presque rien les jours végétariens ; d'autres parents préparent un repas froid, ce qui coûte du temps et de l'argent. Pour plusieurs familles, la cantine est le seul repas chaud complet de la journée. Nous demandons de meilleures recettes, des dégustations avec les enfants et un vrai choix de plat ces jours-là.

Document 3. Entretien avec la diététicienne de la ville (extrait)

Un repas végétarien équilibré, avec des légumineuses, des œufs ou des laitages et des céréales, couvre les besoins d'un enfant. Le vrai danger, ce n'est pas l'absence de viande : c'est le repas mal composé, ou le plat que l'enfant refuse. Le goût s'éduque : un enfant accepte mieux ce qu'il a déjà goûté plusieurs fois. Mais soyons lucides : dans une famille modeste, un plat refusé à la cantine n'est pas toujours compensé le soir.

Vos critères (ceux d'un rédacteur en chef exigeant) :

Corrigé

Afficher le corrigé

La solution. Tribune de Camille Dufour (texte de notre composition, 743 mots titre compris et 727 mots sans le titre ; les mots sont séparés par des espaces et la ponctuation ou le symbole isolé, comme un deux-points, un point d'interrogation, % ou €, n'est pas compté ).

Deux repas végétariens par semaine : oui, mais pas au prix d'un seul enfant le ventre vide

À Valmorin, la cantine est l'un des rares endroits où tous les enfants de la commune, quel que soit le métier de leurs parents, mangent la même chose à la même table. C'est pourquoi la proposition que le conseil municipal examinera en décembre mérite mieux qu'une querelle de principes : passer d'un à deux repas végétariens par semaine dans les trois cantines scolaires. La question qui se pose est de savoir si l'on peut faire évoluer le menu sans que des enfants en fassent les frais. Nous verrons d'abord ce que le test de six mois a montré, puis ce que les familles en disent, avant de défendre une adoption par étapes.

Les résultats du test plaident d'abord pour la mesure. Selon la note de la direction de l'éducation, de janvier à juin, la part des plats laissés dans l'assiette est passée de 24 % à 19 %, et le coût des denrées de 2,10 € à 1,95 € par repas. Le menu a été composé avec la diététicienne de la ville, qui rappelle de son côté qu'un repas végétarien équilibré, fait de légumineuses, d'œufs ou de laitages et de céréales, couvre les besoins d'un enfant. Le vrai danger, précise-t-elle, n'est pas l'absence de viande, mais le repas mal composé ou refusé. Autrement dit, la question n'est pas celle de la viande : c'est celle de la qualité de la cuisine. Quinze centimes par repas n'ont rien d'une révolution ; l'intérêt serait ailleurs, si cette économie servait à acheter de meilleurs produits. J'ajouterais que la cantine est aussi un lieu d'éducation du goût. Beaucoup de parents répètent à leurs enfants : « Goûte avant de dire que tu n'aimes pas. » Un gratin de légumes ou un plat de lentilles bien préparé fait partie de la culture de la table autant que de la nutrition, et la cantine peut la transmettre à tous.

Reste l'objection la plus sérieuse, que je ne veux pas traiter à la légère. Le collectif de parents de l'école des Tilleuls ne s'oppose pas à une cantine plus végétale. Il rapporte pourtant que la fréquentation y est tombée de 88 % à 78 % depuis janvier, que certains enfants mangent à peine les jours végétariens et que, pour plusieurs foyers, la cantine est le seul repas chaud complet de la journée. L'argument est d'autant plus fort qu'il touche les familles qui ont le moins de marge : un repas froid à préparer coûte du temps et de l'argent, et un enfant qui rentre affamé ne se rattrape pas toujours le soir. Les familles qui préparent un repas froid ne le font pas par caprice : elles font le calcul que chacun d'entre nous ferait à leur place. La diététicienne le reconnaît elle-même pour les familles modestes. Il serait d'ailleurs trompeur de ne retenir que la baisse du gaspillage : un enfant qui a quitté la cantine ne laisse plus rien dans son assiette, et cette baisse s'explique peut-être, en partie, par ces départs.

Faut-il pour autant renoncer ? Je ne le crois pas. À l'échelle des trois cantines, la fréquentation n'a reculé que de 86 % à 83 %, ce qui laisse penser que la difficulté se concentre dans une école plutôt qu'elle ne touche toute la ville, même si le dossier n'en donne pas la raison. Elle appelle donc une réponse précise, non une marche arrière. Une cantine qui reculerait au premier obstacle apprendrait aux enfants que toute nouveauté est suspecte ; une cantine qui avancerait sans écouter leur apprendrait qu'on décide à leur place. Je proposerais d'adopter le second repas végétarien, mais en trois temps. D'abord, améliorer les recettes et organiser des dégustations avec les enfants, comme le demandent les parents. Ensuite, garantir ces deux jours-là un complément, un laitage, un œuf ou des légumineuses en plus, pour que nul ne quitte la table le ventre vide. Enfin, mesurer la fréquentation école par école et publier le bilan, avec l'engagement de corriger le dispositif si elle recule encore aux Tilleuls. Il faudrait aussi expliquer aux familles ce que l'on teste : un parent qui apprend le changement par son enfant, un soir, le vit comme une décision imposée.

En somme, la cantine ne sera pas plus juste en supprimant la viande, ni en la sacralisant : elle le sera si chaque enfant y mange bien. À condition de surveiller l'assiette autant que la facture, la réponse me paraît claire : oui à deux repas végétariens, mais à la table de tous les enfants.

Pourquoi ça marche

  • La structure est celle que l'introduction annonce : l'accroche, la problématique, puis trois parties (ce que le test a montré, l'objection, la réponse par étapes) et une conclusion qui répond au lieu de répéter ; le plan suit les idées, non les documents.
  • Le compte rendu est fidèle : chaque source est attribuée (selon la note, la diététicienne rappelle, le collectif rapporte), les chiffres sont exacts, et ce que le dossier ne dit pas reste en suspens (peut-être, en partie ; même si le dossier n'en donne pas la raison).
  • La position est personnelle et conditionnelle : l'accroche sur la table commune, le « Goûte avant de dire que tu n'aimes pas », la remarque que la baisse du gaspillage ne compte pas les enfants partis et les trois étapes ne figurent dans aucun document.
  • L'objection reçoit toute sa force : elle est exposée avec ses chiffres, jugée « d'autant plus forte » parce qu'elle touche les familles modestes, appuyée par la diététicienne elle-même, et la réponse n'en tire ni renoncement ni victoire facile.
  • Un lecteur français y trouve ses repères : la cantine comme table commune, l'éducation du goût, un registre de presse sans jargon, des tournures qui se disent en français (ne se rattrape pas le soir, le ventre vide).
  • Après relecture, rien ne dépasse : pas de répétition lourde, pas de phrase du dossier recopiée, les accords, les modes (pour que nul ne quitte, même si le dossier n'en donne pas la raison, si elle recule encore) et la typographie vérifiés par passes.

Ce qu'un relecteur reprocherait

  • Un plan en deux blocs, « ce que disent les documents » puis « ce que je pense » : l'avis doit nourrir toute l'argumentation.
  • Présenter la baisse des plats laissés comme la preuve que les enfants mangent mieux, alors que les enfants partis n'y figurent plus.
  • Caricaturer l'objection (« des parents qui refusent les légumes ») pour la réfuter plus aisément.
  • Un texte de 650 mots : sous le minimum, la tribune ne suit pas la consigne, quelle que soit sa qualité.

Entraînement

Réécrivez : voici un passage correct mais plat, qui suit les documents l'un après l'autre.

Le rapport dit que 41 % des habitants qui n'empruntent pas de livres n'ont pas le temps en semaine. Il dit aussi que, dans trois villes voisines, la fréquentation a augmenté de 18 %. Le syndicat dit qu'il n'est pas contre, mais qu'il veut plus de personnel. Le sociologue dit que la bibliothèque est gratuite le dimanche.

Réécrivez-le en un seul paragraphe d'article : ordonné par idées plutôt que par documents, sans répéter « dit », avec une phrase d'apport personnel qui ne figure pas dans le dossier, à la hauteur d'un journaliste de magazine.

Une réécriture possible

Le manque de temps en semaine : c'est la raison que citent 41 % des habitants qui n'empruntent jamais de livres, selon l'enquête municipale. Les villes voisines qui ont ouvert le dimanche y ont d'ailleurs trouvé leur compte, avec 18 % de visiteurs en plus dès la première année. Le syndicat ne s'y oppose pas, mais prévient que l'expérience ne tiendra pas sans postes supplémentaires. Reste l'argument le plus fort, celui du sociologue : le dimanche, la bibliothèque est l'un des rares lieux où l'on peut rester sans rien dépenser. J'ajouterais qu'elle est aussi l'un des seuls où l'on peut venir seul sans paraître isolé.

Ce qui a changé :

  • les verbes d'attribution varient (selon, prévient, citent) au lieu de la répétition de « dit » ;
  • l'ordre suit une logique (cause, preuve, condition, enjeu) et non l'ordre des documents ;
  • les chiffres restent exacts (41 %, 18 %) ;
  • la dernière phrase apporte une idée personnelle, marquée par j'ajouterais.

En 35 minutes : à partir du mini-dossier ci-dessous (inventé), rédigez le titre, l'introduction (problématique et annonce du plan) et la première partie d'un article d'environ 250 mots pour un magazine local. C'est à peu près le tiers d'un texte de 700 mots ; en conditions réelles, comptez 3 h 30 pour l'ensemble. Chronométrez-vous.

Document 1 (rapport municipal) : Depuis l'arrivée de 300 trottinettes électriques en libre-service, on compte 9 000 trajets par semaine. Selon un sondage auprès des utilisateurs, un trajet sur trois remplace un déplacement en voiture. Les accidents impliquant une trottinette ont doublé en un an, sans blessé grave.

Document 2 (association de piétons) : Les trottoirs deviennent des parkings. Personnes âgées et familles avec poussette se plaignent de devoir slalomer. Nous demandons des zones de stationnement obligatoires et une vitesse limitée à 10 km/h sur les trottoirs.

Document 3 (tribune d'un économiste) : Le service coûte peu à la collectivité, car l'opérateur finance la flotte. Mais il reste concentré dans le centre-ville : les quartiers périphériques, où l'on gagnerait le plus à se déplacer sans voiture, en sont presque dépourvus.

Grille d'auto-évaluation : cochez chaque critère.

Un exemple de réponse

Trottinettes en libre-service : liberté pour les uns, slalom pour les autres

Elles sont apparues du jour au lendemain, alignées devant la gare, puis un peu partout. Trois cents trottinettes en libre-service, neuf mille trajets par semaine : le succès est là. Mais à qui profite-t-il, et à quel prix pour ceux qui marchent ? La question n'est pas d'aimer ou de détester ces engins, mais de savoir comment les faire entrer dans la ville sans que les piétons y perdent en confort. Nous verrons d'abord ce qu'elles changent dans nos déplacements, puis ce qu'elles coûtent à l'espace public, avant de proposer quelques règles simples.

Les chiffres du rapport municipal plaident pour elles. Selon les utilisateurs interrogés, un trajet sur trois remplace un déplacement en voiture : ce n'est pas rien dans une ville qui se plaint de son trafic. Un économiste ajoute un argument qu'on entend rarement : le service coûte peu à la collectivité, puisque l'opérateur finance lui-même la flotte. Pour ma part, j'y vois surtout la fin d'un tabou : on peut aller vite sans posséder de véhicule et sans vider son portefeuille. L'étudiant sans voiture et le salarié qui a raté son bus gagnent vingt minutes au retour. Reste une ombre au tableau : ce progrès n'est pas également réparti. Les quartiers périphériques, où l'on gagnerait pourtant le plus à se passer de voiture, en sont presque dépourvus, comme le relève le même économiste. Le succès est réel ; il est surtout central.

Petit quiz

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Pour l'introduction d'un article destiné aux lecteurs d'un magazine local, laquelle ouvre le mieux ?

    Afficher la réponse

    Le dimanche, la ville ralentit, mais elle ne s'arrête pas : les marchés s'animent et les bibliothèques, elles, restent closes.. dans un magazine, l'introduction accroche d'abord, puis pose la question.

  2. Pour rapporter le chiffre de l'enquête dans un article qui garde ses distances, laquelle convient le mieux ?

    Afficher la réponse

    Selon l'enquête, 41 % des non-emprunteurs invoquent le manque de temps en semaine.. invoquer et selon respectent le statut de l'information ; démontrer l'exagère.

  3. Pour conclure l'article, laquelle sert le mieux votre propos ?

    Afficher la réponse

    À condition que ceux qui l'ouvriront soient respectés, la réponse me paraît claire : essayons, mesurons, puis décidons ensemble.. une conclusion répond à la question posée ; elle ne se contente pas de la rappeler.

Repérez l'erreur

Une phrase est fausse. Touchez-la.

  1. Quelle phrase contient une faute ?

    Afficher la réponse

    Quoi que le coût soit élevé, le syndicat ne s'oppose pas au projet.. au sens de « bien que », on écrit quoique en un mot : quoique le coût soit élevé. Quoi que en deux mots signifie « quelle que soit la chose que » : quoi que l'on décide.

Mise en situation

Studyfern n'a pas d'outil vocal. Pour pratiquer à l'oral, copiez ce texte dans un assistant IA vocal et parlez avec lui.

Mise en situation. Vous êtes Madame Rolland, rédactrice en chef d'un magazine local, exigeante et toujours pressée. Parlez naturellement, en vous adressant à moi avec « vous ». D'abord, présentez-moi un cas inédit : en six phrases environ, une question locale (par exemple, la limitation des voitures devant les écoles) et trois extraits de documents sur ce sujet, de deux ou trois phrases chacun, qui divergent sur un point précis. Ensuite, demandez-moi, une question à la fois, de vous présenter à l'oral l'article que j'écrirais : ma problématique, mon plan en trois parties, la place de chaque source, un apport personnel, ma phrase d'ouverture et ma phrase de clôture. Réagissez comme une vraie rédactrice : une ou deux fois, contestez un choix (un plan qui suit les documents plutôt que les idées, une source recopiée, un avis qui arrive trop tard). Quand j'ai répondu à vos objections, donnez-moi votre bilan en français, à partir des critères suivants : une problématique nette, un plan par idées, des sources reformulées et attribuées, un apport personnel, un registre constant. Insistez sur les nuances, le registre et la précision, pas sur les bases. Quand les critères sont remplis, dites « Mission accomplie ! » et donnez-moi un conseil. Limitez chaque réplique à trois phrases, sauf pour présenter le cas.

Écoutez aussi. Écoutez des locuteurs natifs avant et après : voir les ressources d'écoute gratuites.

Bon à savoir. Les retours d'une IA sur la prononciation sont inégaux : comparez-vous à des enregistrements natifs. Beaucoup d'assistants transforment d'abord votre voix en texte : une voyelle ou une liaison ratée peut être « entendue » comme le bon mot. Ne donnez pas d'informations personnelles : inventez un nom et une ville.

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L'essentiel

  • L'épreuve écrite du DALF C2 dure 3 h 30 : un texte structuré d'au moins 700 mots, à partir d'un dossier d'environ 2 000 mots et de vos idées.
  • Ce texte prend position, et la développe sur beaucoup plus d'espace.
  • Notre méthode d'entraînement : lire par couches, dégager la problématique, bâtir un plan par idées, placer deux sources par partie, ajouter son apport, compter les mots.
  • Reformulez et attribuez chaque source ; ne recopiez jamais une phrase.
  • Gardez le même registre de la première à la dernière ligne.

Auto-évaluation

Répondez d'abord de tête, puis ouvrez la réponse. Rien n'est enregistré.

  1. Que demande l'épreuve écrite du DALF C2 ?

    Afficher la réponse

    Un texte structuré d'au moins 700 mots, rédigé à partir d'un dossier d'environ 2 000 mots et de vos propres idées, en 3 h 30.

  2. Pourquoi le plan ne doit-il pas suivre l'ordre des documents ?

    Afficher la réponse

    On obtiendrait une suite de résumés ; un bon plan s'organise par idées, et les sources se placent là où elles soutiennent chaque thèse.

  3. Citez deux façons d'apporter une contribution personnelle.

    Afficher la réponse

    Un exemple ou un souvenir qui vous est propre, et une proposition ou une nuance que le dossier ne contient pas.

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