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Évaluation de fin de niveau · C2 · Mastery
Un éditorial et un exposé pour la halle des Messageries
Environ 150 minutes. Travaillez comme au bureau, en autonomie, avec les documents ci-dessous, puis jugez votre travail selon les critères et comparez-le à un corrigé. Seuil de réussite : 75 %, sans aucun critère à 0.
La commande
Vous êtes chroniqueur ou chroniqueuse au Mensuel de la Vèze, un journal local indépendant de Saint-Aubert-sur-Vèze (journal et commune imaginaires). Le lundi 23 novembre 2026, la rédactrice en chef, Mme Sabine Rochat, vous écrit :
De : Sabine Rochat Objet : Éditorial du numéro du 5 décembre
Bonjour,
Le conseil municipal tranchera le jeudi 10 décembre sur l'avenir de la halle des Messageries. Je veux un éditorial qui prenne position, et pas un compte rendu : nos lecteurs ont lu les articles, ils attendent que nous disions ce que nous pensons, et pourquoi. Le dossier est ci-dessous : quatre pièces, que je vous demande de lire sérieusement, y compris entre les lignes. Il me faut un texte structuré de 700 à 800 mots, titre compris, pour mercredi 2 décembre, 17 h. Ajoutez en dessous trois lignes de notes pour moi : ce que vous avez changé à la relecture.
Par ailleurs, Radio Vèze vous invite le mardi 8 décembre à développer votre point de vue pendant quatre minutes, puis à répondre à une objection du journaliste. Préparez-vous à cela aussi.
S. Rochat
(Documents fictifs.)
Le dossier compte environ 939 mots, chiffres des tableaux compris.
Document 1. Note de la direction de l'urbanisme au conseil municipal (extrait)
La halle des Messageries (1 400 m², construite en 1928) appartient à la commune. Elle est inutilisée depuis 2019 et se dégrade : la toiture fuit en deux endroits, et la commune paie 18 000 € par an pour sa surveillance et son entretien minimal. Le conseil municipal choisira le jeudi 10 décembre entre trois options, présentées ci-dessous.
| Option | Coût pour la commune | Recettes |
|---|---|---|
| A. Tiers-lieu associatif | 1 800 000 € de travaux, dont 900 000 € de subventions espérées | loyers symboliques : 12 000 € par an |
| B. Parking de 120 places | 600 000 € | 45 000 € par an |
| C. Vente à un promoteur (logements) | 0 € | 1 100 000 € une seule fois |
Le devis de l'option A date de 2025 ; il ne comprend pas l'exploitation du lieu, que les associations assureraient. Les subventions sont demandées à la région et à l'État, mais aucune décision d'attribution n'a été prise. Les options B et C ont été chiffrées sur la base d'un terrain dégagé. La commune dispose cette année de 1 000 000 € de capacité d'investissement non affectée ; toute dépense supérieure obligerait à renoncer à d'autres projets ou à emprunter.
Une décision de principe est nécessaire avant la fin de l'année : sans travaux de toiture, la dégradation de la charpente s'accélérera, et le coût de remise en état augmentera d'autant. Aucune option ne comprend à ce jour le coût de cette mise hors d'eau.
Document 2. Tribune du collectif « La Halle en commun » (extrait du Mensuel de la Vèze)
Depuis sept ans, la halle des Messageries est un trou dans la ville : on passe devant sans la voir, comme devant un décor que l'on a oublié de démonter. Notre collectif, « La Halle en commun », veut en faire un lieu où l'on se croise. Il réunit déjà sept associations : un café-réparation, une ressourcerie, un atelier de couture, deux compagnies de théâtre, une chorale et un club de jeux de société. Aujourd'hui, elles se partagent trois salles prêtées en soirée, et chacune attend un toit.
Notre projet n'est ni un caprice ni une vitrine. Il est ouvert à tous, gratuit à l'entrée, et il s'adresse en particulier aux jeunes, qui n'ont aucun endroit où aller après les cours. Notre pétition a recueilli 2 300 signatures en trois semaines. Nous nous engageons à couvrir nos charges de fonctionnement d'ici trois ans, grâce à une buvette, à des locations de salle et à des ateliers payants.
On nous demande : « Où est l'argent ? » Nous répondons que les subventions viendront si la commune montre l'exemple. Quand une ville croit à un lieu, les financeurs la suivent ; quand elle hésite, ils attendent. Nous ne prétendons pas que tout soit réglé. Nous disons que, si le conseil dit non aujourd'hui, il n'y aura pas de projet demain, et que laisser le bâtiment pourrir ne ferait économiser personne : l'eau, elle, ne vote pas, et elle continue d'entrer.
Un lieu commun ne se décrète pas : il se construit avec ceux qui s'en servent. Nous sommes prêts à le faire, dès le premier jour.
Document 3. Lettre à Monsieur le maire de M. Lucien Fabre, boulanger
Monsieur le maire,
Je tiens la boulangerie de la rue de la Gare depuis vingt-deux ans. Je ne suis pas contre les jeunes, ni contre les associations : je les sers tous les jours. Mais depuis que la place du marché est devenue piétonne, mes clients n'ont plus nulle part où se garer. Pour une baguette, personne ne marche dix minutes. Mon chiffre d'affaires baisse un peu chaque trimestre depuis deux ans ; je ne vous dirai pas que le stationnement en est la seule cause, mais il en est une.
Un parking près de la gare, c'est de la clientèle qui revient et des voyageurs qui n'encombrent plus nos rues. Trois autres commerçants de la rue m'ont dit la même chose, mais je n'ai fait aucun relevé et je ne parle ici qu'en mon nom. Je ne suis pas ingénieur et je ne sais pas si l'on peut le construire dans cette halle ; je constate seulement qu'à mon âge, on apprend à se méfier des projets qui n'ont pas de budget.
Je crains aussi le bruit : des soirées de théâtre et une buvette ouverte jusqu'à minuit sous les fenêtres des riverains, ce n'est pas rien. On me répondra que le projet est beau ; je veux bien le croire, mais un beau projet que la commune ne peut pas financer reste un projet. Si l'on vend plutôt à un promoteur, qu'on lui demande au moins de prévoir des places de stationnement ouvertes au public.
Je vous prie de croire, Monsieur le maire, à mes salutations respectueuses.
Lucien Fabre
Document 4. Avis des architectes-conseils (extrait)
Nous avons examiné la halle à la demande du service de l'urbanisme. La charpente métallique de 1928 est un élément de patrimoine repéré par le plan local d'urbanisme comme devant être protégé : sa démolition est interdite. Les murs en briques, en revanche, peuvent être modifiés.
Les conséquences sont nettes. Un parking de 120 places ne peut pas être aménagé en rasant la halle ; il faudrait l'installer dans le volume existant, ce qui suppose des travaux que nous n'avons pas chiffrés et réduirait sans doute le nombre de places. Un promoteur pourrait conserver la charpente et construire dessous, mais l'estimation de 1 100 000 € repose, à notre connaissance, sur un terrain libre : elle devrait être revue à la baisse, sans que nous puissions dire de combien.
La toiture est le point le plus urgent. Les fuites actuelles sont limitées, mais l'eau attaque les assemblages de la charpente. Une mise hors d'eau serait nécessaire quelle que soit l'option retenue, y compris en cas de vente. Nous ne pouvons pas dire aujourd'hui ce qu'elle coûterait, ni qui la paierait.
Enfin, une halle de cette taille, si elle accueille du public le soir, devra répondre à des normes de sécurité et d'accessibilité : l'option A suppose que le devis de 2025 les ait prises en compte, ce que nous n'avons pas pu vérifier.
Votre tâche
Vous disposez de 150 minutes. À titre de repère : 20 minutes pour lire le dossier et le comprendre, 15 pour le plan, 70 pour écrire, 20 pour relire en plusieurs passes, 25 pour préparer et enregistrer l'oral. Tout votre texte et tout votre oral sont en français.
Partie 1. L'éditorial (dans la case ci-dessous). Un texte structuré de 700 à 800 mots, titre compris : un titre, une introduction qui pose une problématique et annonce le plan, deux ou trois parties qui avancent, une conclusion qui répond à la question. Une thèse nette, assortie de conditions. Les mots sont séparés par des espaces ; un nombre comme 1 000 000 compte pour un mot ; la ponctuation ou un symbole isolé (:, ;, %, €) ne compte pas ; l'eau ou qu'il comptent pour un mot. Ne recopiez aucune phrase du dossier : attribuez, reformulez, et apportez au moins un argument ou un exemple qui n'y figure pas.
Notes de relecture (sous l'éditorial, trois lignes au plus, non comptées). Trois changements que vous avez faits à la relecture (coupe, précision ou correction), et pourquoi.
Partie 2. L'exposé et la réponse à l'objection. Enregistrez-vous (téléphone), sans lire un texte rédigé. D'abord, un exposé de quatre minutes (entre 3 min 30 et 4 min 30) : reformulez la question, annoncez votre position et votre plan, développez-la avec deux ou trois arguments, dont un qui vous est propre, et concluez par une proposition concrète. Puis, sans interrompre l'enregistrement, répondez en une minute (entre 45 secondes et 1 min 15) à l'objection du journaliste, que vous lisez d'abord à voix haute :
« Vous demandez à un conseil municipal de s'engager sur des chiffres que personne n'a garantis. Un budget ne se vote pas sur des espoirs : pourquoi prendrait-il ce risque ? »
Écoutez votre enregistrement avant de vous noter.
Vérification du raisonnement
Calculs et choix de jugement, corrigés au fur et à mesure.
Petit quiz
Touchez une réponse pour vérifier.
Le document 1 chiffre le parking à 600 000 euros et la vente à 1 100 000 euros « sur la base d'un terrain dégagé ». Le document 4 indique que la charpente de 1928 est protégée et ne peut pas être démolie. Quelle phrase de votre éditorial est la plus juste ?
- trop fort : un parking dans le volume existant ou une vente avec conservation de la charpente restent envisageables, simplement non chiffrés
- rien ne le dit ; c'est refuser un fait du dossier sans raison
- le parking aussi suppose un terrain dégagé
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Ces deux chiffrages reposent sur un terrain dégagé : tels quels, ils ne sont plus fiables.. on tire du dossier ce qu'il établit, ni plus (« impossible »), ni moins (« tout va bien »).
Le collectif écrit : « Nous nous engageons à couvrir nos charges de fonctionnement d'ici trois ans. » Quelle formulation convient dans l'éditorial ?
- une promesse n'est pas une preuve
- une promesse présentée comme un fait
- garantir dit plus que son texte : il s'engage, il ne garantit pas
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Le collectif s'engage à couvrir ses charges d'ici trois ans, sans en apporter la preuve chiffrée.. le verbe doit dire la solidité : un engagement s'attribue, il ne se transforme pas en fait.
Quel passage donne à M. Fabre le traitement le plus honnête avant de lui répondre ?
- écarte l'argument en discréditant la personne
- caricature : l'objection n'est ni exposée ni examinée
- ignore l'objection et la réduit
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« M. Fabre ne dit pas que le stationnement explique tout, et il a raison sur l'essentiel : sans places, un centre-ville perd ses commerces. La halle n'est cependant pas la réponse à son problème. ». peser les deux côtés, c'est donner à l'objection sa meilleure version, concéder ce qui est juste, puis répondre.
Quelle accroche convient le mieux à l'éditorial d'un mensuel local ?
- annonce scolaire, sans voix ni image
- parle du dossier, pas aux lecteurs
- ton de présentateur de vidéo, pas d'éditorialiste
Afficher la réponse
« Il y a des bâtiments qui attendent qu'on les regarde. ». un éditorial s'adresse à des lecteurs et commence par une image ou une idée, non par un mode d'emploi.
Repérez l'erreur
Une phrase est fausse. Touchez-la.
Dans cette relecture, quelle phrase contient une faute ?
- correcte : quoi que en deux mots, suivi du subjonctif
- correcte : accord avec la halle
- espérées : le participe s'accorde avec le COD que (= les subventions) placé avant le verbe
- correcte : subjonctif après bien que
Afficher la réponse
Les subventions que la commune a espéré n'ont pas été accordées.. avec avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant le verbe.
Repérez l'erreur
Une phrase est fausse. Touchez-la.
Dans une relecture professionnelle, quelle phrase est à couper ou à resserrer en priorité ?
- précise, avec un chiffre du dossier
- nette et utile à l'argument
- lourde : tout à fait, bien noter, bien garder en tête, finalement, quand même ne disent rien de plus que « La halle a un problème de toit »
- dense et concrète : elle donne à la vente son meilleur argument
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Il est tout à fait important de bien noter et de bien garder en tête le fait que, finalement, la halle a quand même un problème de toit.. éditer, c'est enlever les mots qui ne portent ni fait ni idée, et garder les phrases qui donnent un chiffre, un exemple ou une nuance.
Évaluez votre travail
Pour chaque critère, choisissez la description qui correspond à ce que vous avez écrit, non à ce que vous vouliez dire. Soyez strict avec vous-même : le corrigé vient ensuite.
Corrigé
1. Éditorial (775 mots avec le titre, 764 sans)
Halle des Messageries : oui au pari, non au chèque en blanc
Il y a des bâtiments qui attendent qu'on les regarde. La halle des Messageries, mille quatre cents mètres carrés de briques et de fer, est fermée depuis 2019, et son toit fuit déjà. Le 10 décembre, le conseil municipal choisira entre un tiers-lieu, un parking et une vente à un promoteur. Mais la question n'est pas de savoir quelle option est la plus séduisante : c'est de savoir laquelle la commune peut tenir sans mettre en péril ni le bâtiment ni ses finances. Nous verrons d'abord que deux des trois options ne sont plus ce que l'on croyait, puis ce que vaut le projet associatif, avant de proposer une manière de décider qui ne soit pas un pari à quitte ou double.
Commençons par ce que les chiffres ne disent plus. Le rapport présente le parking à 600 000 euros et la vente à 1 100 000 euros comme deux options prêtes à voter. Or il précise lui-même qu'elles ont été évaluées sur un terrain dégagé, et l'avis des architectes rappelle que la charpente de 1928 est protégée : on ne la rasera pas. Un parking de 120 places ne se glisse pas dans le volume existant sans travaux que personne n'a chiffrés, et les 1 100 000 euros de la vente devraient être revus à la baisse, sans que l'on sache de combien. La vente a pourtant pour elle un argument qu'il serait injuste de mépriser : seule, elle rapporterait de l'argent au lieu d'en coûter. Mais ce que l'on voterait ne serait plus ce que l'on a lu.
Ce constat ne règle pas le problème que soulève M. Fabre, boulanger de la rue de la Gare, et il mérite mieux qu'un haussement d'épaules. Depuis que la place du marché est devenue piétonne, écrit-il, ses clients ne savent plus où se garer, et son chiffre d'affaires recule depuis deux ans. Il ne prétend pas que le stationnement explique tout, ce qui est à son honneur ; mais il a raison sur l'essentiel : un centre-ville où l'on ne peut plus s'arrêter cinq minutes pour une baguette perd ses commerces avant de perdre ses habitants. Il a raison aussi de demander qui paiera un beau projet. Seulement, la halle n'est pas la réponse à son stationnement, puisque le parking y serait réduit et coûteux : la réponse est ailleurs, dans des places de courte durée, dont on peut parler dès demain.
Reste le tiers-lieu. Sur le papier, il a tout pour plaire : sept associations déjà prêtes, des jeunes sans endroit où aller, une pétition de 2 300 signatures, un lieu gratuit. Mais le collectif affirme beaucoup plus qu'il ne démontre. Une pétition n'est pas un budget, et la promesse de couvrir ses charges d'ici trois ans repose sur une buvette et des ateliers payants que personne n'a encore chiffrés. Surtout, les 900 000 euros de subventions sont espérés, non accordés. Sans elles, la commune devrait payer 1 800 000 euros alors qu'elle n'en a que 1 000 000 de disponibles. Dire que les financeurs suivront ceux qui croient en un lieu, c'est un joli mot, pas une garantie.
Pourtant, ne rien décider n'est pas économiser. Fermée, la halle coûte déjà 18 000 euros par an à la commune ; les architectes préviennent que l'eau attaque la charpente, quelle que soit l'option retenue. Voilà l'unique dépense incontestable de ce dossier, et l'une de celles que personne n'a chiffrées. La pluie, elle, n'attendra pas le 10 décembre.
Voici donc ce que je propose au conseil : décider en trois temps, dans l'ordre. D'abord, faire chiffrer la mise hors d'eau et la voter, parce qu'elle est nécessaire dans tous les cas. Ensuite, voter le principe du tiers-lieu, mais sous condition : aucun gros chantier avant que les subventions ne soient notifiées. Enfin, ouvrir la halle dès que la sécurité est assurée, de façon provisoire et gratuite, avec des horaires de fin de soirée fixés avec les riverains. Ailleurs, des lieux ont ouvert ainsi avant leurs grands chantiers ; ce n'est pas une preuve, c'est une piste : le projet s'y prouve au lieu de se promettre. Dans le même temps, on étudiera avec M. Fabre et ses voisins des places de courte durée rue de la Gare.
On me dira que c'est encore un pari. C'en est un, mais un pari dont on borne la mise : le toit d'abord, le reste si l'argent vient. Une ville ne se juge pas à ce qu'elle promet un soir de conseil, mais à ce qu'elle accepte de ne pas dépenser tant que rien n'est certain, et à la façon dont elle écoute ceux qui s'inquiètent. Entre l'audace sans filet et la prudence sans projet, il existe un chemin : il passe par la toiture.
Notes de relecture
1. J'ai coupé un paragraphe d'histoire de la halle : il ne servait pas la problématique.
2. J'ai remplacé « beaucoup de chiffres non vérifiés » par les montants exacts (900 000 euros espérés, 1 000 000 disponibles).
3. J'ai remplacé « aucun gros travaux », accord fautif, par « aucun gros chantier », et supprimé deux « donc » répétés.
2. Exposé oral (script d'environ 510 mots, soit à peu près quatre minutes à un débit naturel ; en vrai, on parle à partir d'un plan et de quelques mots-clés, non à partir de ce texte)
Bonsoir à toutes et à tous, la question qui m'est posée est la suivante : que doit faire la commune de la halle des Messageries ? Je voudrais d'abord la reformuler, parce qu'elle me paraît mal posée. Il ne s'agit pas de choisir l'option la plus belle, mais celle que la commune peut tenir sans mettre en péril ni le bâtiment ni ses finances. Ma position est la suivante : oui au tiers-lieu, mais par étapes et sous condition, et non à toute décision qui engagerait des sommes que personne n'a garanties.
Je développerai trois points : la solidité du dossier, le coût de l'inaction, puis la place des objections. Premièrement, le dossier est moins solide qu'il n'en a l'air. Le parking et la vente ont été chiffrés sur un terrain dégagé, alors que la charpente de 1928 est protégée et ne peut pas être démolie. Ces deux options ne sont donc plus ce que l'on a lu. Quant au tiers-lieu, ses 900 000 euros de subventions sont espérés, non accordés ; et la commune n'a que 1 000 000 d'euros de disponibles, pour un chantier de 1 800 000.
Deuxièmement, il serait faux de croire que ne rien faire est économique. La halle coûte déjà 18 000 euros par an fermée, et son toit fuit : les architectes disent que l'eau attaque la charpente, quelle que soit l'option retenue. La mise hors d'eau est donc la seule dépense sûre de ce dossier, et c'est par elle qu'il faut commencer.
Troisièmement, il faut donner toute leur force aux objections. Le boulanger de la rue de la Gare a raison de dire que le stationnement du centre est un vrai problème, et que la commune ne peut pas financer indéfiniment de beaux projets. Je lui réponds que la halle n'est pas la solution à son problème : des places de courte durée peuvent se décider dès maintenant, avec lui. Et le collectif, de son côté, affirme plus qu'il ne démontre : une pétition n'est pas un budget, et sa promesse de s'autofinancer en trois ans n'est pas chiffrée.
Ma proposition tient donc en trois temps. Un : chiffrer et voter la mise hors d'eau. Deux : voter le principe du tiers-lieu, avec une condition suspensive, aucun gros chantier avant la notification des subventions. Trois : ouvrir la halle dès que la sécurité le permet, de façon provisoire et gratuite, avec des horaires fixés avec les riverains, pour que le projet se prouve avant de se financer. Dans les villes où l'on a procédé ainsi, il me semble que les financeurs ont davantage de raisons de suivre ; mais je ne prétends pas le démontrer.
Je sais ce que cela exige : que le collectif accepte de commencer petit, et que la commune accepte de lui faire confiance avant d'être sûre. Ce n'est pas rien, des deux côtés. On me dira que cette prudence est une façon de repousser la décision. Je réponds qu'elle en contient trois, et qu'elles sont toutes datées.
En conclusion, je ne demande pas à la commune de parier : je lui demande de limiter sa mise. Le toit d'abord, le reste si l'argent vient. Je vous remercie.
3. Réponse à l'objection (script d'environ 132 mots, soit une minute)
Cette objection est juste : un conseil ne vote pas sur des espoirs, et je ne le lui demande pas. C'est pourquoi ma proposition ne repose sur aucun chiffre que l'on ne puisse vérifier. La seule dépense que je demande de voter, la mise hors d'eau, sera votée sur un montant chiffré au préalable ; elle est nécessaire dans toutes les options, y compris la vente. Le reste est suspendu à une condition précise : aucun gros chantier tant que les subventions ne sont pas notifiées. Si elles ne viennent pas, la commune aura dépensé pour son toit, et non pour un pari. Reste le risque de ne pas décider : celui-là est certain, puisque l'eau attaque la charpente tous les jours. Je préfère donc un risque que l'on borne à un risque que l'on subit.
Pourquoi ça marche.
- Édition (éditer comme un professionnel). Un seul fil traverse le texte : la commune peut-elle décider sans risquer ni le bâtiment ni ses finances ? Chaque paragraphe sert cette question ; l'histoire de la halle et le détail du devis ont été coupés. Les chiffres sont exacts et rapportés, jamais recopiés.
- Lecture critique du dossier. Le texte voit ce que le rapport ne dit pas : les options B et C reposent sur un terrain dégagé, alors que la charpente est protégée ; les subventions sont espérées ; la mise hors d'eau n'est chiffrée nulle part. Il traite les engagements du collectif comme des déclarations, non comme des preuves.
- Peser les deux côtés. L'argument le plus fort de la vente (elle rapporterait de l'argent) est reconnu avant d'être écarté ; M. Fabre reçoit raison sur l'essentiel, avant que sa solution soit discutée ; le collectif est jugé sur ce qu'il démontre, non sur ce qu'il espère. La thèse (le toit d'abord, le reste sous condition) en sort plus solide, car chaque objection a été examinée.
- Écrire pour cette culture. Une accroche en image, une voix de presse (« je propose au conseil »), des tournures idiomatiques (à quitte ou double, borner la mise, un joli mot, pas une garantie), une chute qui reprend l'image du début.
- À l'oral, la question est reformulée avant d'être traitée, le plan est annoncé, et l'objection du journaliste est reconnue comme juste avant d'être retournée : le risque que l'on borne, contre le risque que l'on subit.
Ce qu'un relecteur reprocherait à une version plus faible.
- Un plan par documents (« le document 1 dit… le document 2 dit… ») au lieu d'un plan par idées.
- Les chiffres du rapport donnés pour acquis : la vente à 1 100 000 euros, sans voir que la charpente protégée change le calcul.
- Une promesse du collectif écrite comme un fait (« le lieu s'autofinancera »).
- Une thèse qui dit « oui au tiers-lieu » sans condition, ou qui évite de prendre parti : « il y a du pour et du contre ».
- Une objection caricaturée (« les commerçants ne pensent qu'à leur parking »).
- Un registre de rapport administratif, des calques (« faire du sens », « prendre une décision difficile » pour trancher), une conclusion qui répète l'introduction.
- Une relecture faite d'un seul coup d'œil : des accords oubliés, des répétitions lourdes, des phrases qui ne portent rien.
- À l'oral, un exposé lu, une objection éludée (« bonne question, mais… ») ou une réponse qui ne concède rien.
Un second avis
Studyfern n'a pas d'IA. Pour un avis sur votre réponse, copiez ce texte dans un assistant d'IA de confiance, en collant votre réponse à la fin.
Tu es un examinateur strict de niveau C2 (autour du DALF C2), exigeant et précis. Je te donne ci-dessous mes réponses à une épreuve de mise en situation : un éditorial de 700 à 800 mots (titre compris) écrit à partir d'un dossier de quatre documents sur l'avenir d'une halle désaffectée (rapport municipal avec trois options chiffrées ; tribune d'un collectif ; lettre d'un boulanger ; avis des architectes), mes trois notes de relecture, puis la transcription ou un résumé détaillé de mon exposé de quatre minutes et de ma réponse d'une minute à l'objection « un budget ne se vote pas sur des espoirs ». Faits du dossier à vérifier : le parking (600 000 euros) et la vente (1 100 000 euros) sont chiffrés sur un terrain dégagé, mais la charpente de 1928 est protégée et ne peut pas être démolie ; le tiers-lieu coûte 1 800 000 euros dont 900 000 de subventions espérées et non accordées, la commune ne disposant que de 1 000 000 d'euros ; la mise hors d'eau est nécessaire quelle que soit l'option et n'est chiffrée nulle part ; la halle coûte 18 000 euros par an fermée ; le collectif s'engage à couvrir ses charges en trois ans et cite 2 300 signatures. Note mon travail d'après ces six critères, de 0 à 2 chacun, en citant mes propres mots : 1. Problématique, plan et progression (700 à 800 mots, problématique nette, parties qui avancent, conclusion qui répond). 2. Exploitation exacte du dossier (les quatre points ci-dessus, chiffres justes, sources attribuées, rien de recopié). 3. Parti pris nuancé : peser les deux côtés (thèse nette et conditionnée, objection la plus forte exposée avec ses meilleurs arguments, concession puis réponse, un argument personnel). 4. Écrire pour cette culture (accroche, voix de presse, tournures naturelles, pas de calque ni de raideur). 5. Éditer comme un professionnel (fautes, répétitions, mots de trop, notes de relecture précises). 6. Exposé oral et réponse à l'objection (durée, structure, argument personnel, objection reconnue puis retournée, parlé et non lu). Relève chaque faute et compte-les. Sois strict : une note de 2 exige que tout le descripteur soit rempli, une note de 1 que l'essentiel le soit. Compte les mots de l'éditorial et dis-moi le résultat. Termine par un total sur 12 et par trois corrections prioritaires au plus, chacune avec un exemple tiré de mon texte. Ne réécris pas mon éditorial : montre seulement la phrase en cause et une meilleure formulation. Voici mon éditorial, mes notes et mon oral :