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Évaluation de fin de niveau · C2 · Mastery

Un éditorial et un exposé pour la halle des Messageries

Environ 150 minutes. Travaillez comme au bureau, en autonomie, avec les documents ci-dessous, puis jugez votre travail selon les critères et comparez-le à un corrigé. Seuil de réussite : 75 %, sans aucun critère à 0.

La commande

Vous êtes chroniqueur ou chroniqueuse au Mensuel de la Vèze, un journal local indépendant de Saint-Aubert-sur-Vèze (journal et commune imaginaires). Le lundi 23 novembre 2026, la rédactrice en chef, Mme Sabine Rochat, vous écrit :

De : Sabine Rochat Objet : Éditorial du numéro du 5 décembre

Bonjour,

Le conseil municipal tranchera le jeudi 10 décembre sur l'avenir de la halle des Messageries. Je veux un éditorial qui prenne position, et pas un compte rendu : nos lecteurs ont lu les articles, ils attendent que nous disions ce que nous pensons, et pourquoi. Le dossier est ci-dessous : quatre pièces, que je vous demande de lire sérieusement, y compris entre les lignes. Il me faut un texte structuré de 700 à 800 mots, titre compris, pour mercredi 2 décembre, 17 h. Ajoutez en dessous trois lignes de notes pour moi : ce que vous avez changé à la relecture.

Par ailleurs, Radio Vèze vous invite le mardi 8 décembre à développer votre point de vue pendant quatre minutes, puis à répondre à une objection du journaliste. Préparez-vous à cela aussi.

S. Rochat

(Documents fictifs.)

Le dossier compte environ 939 mots, chiffres des tableaux compris.

Document 1. Note de la direction de l'urbanisme au conseil municipal (extrait)

La halle des Messageries (1 400 m², construite en 1928) appartient à la commune. Elle est inutilisée depuis 2019 et se dégrade : la toiture fuit en deux endroits, et la commune paie 18 000 € par an pour sa surveillance et son entretien minimal. Le conseil municipal choisira le jeudi 10 décembre entre trois options, présentées ci-dessous.

OptionCoût pour la communeRecettes
A. Tiers-lieu associatif1 800 000 € de travaux, dont 900 000 € de subventions espéréesloyers symboliques : 12 000 € par an
B. Parking de 120 places600 000 €45 000 € par an
C. Vente à un promoteur (logements)0 €1 100 000 € une seule fois

Le devis de l'option A date de 2025 ; il ne comprend pas l'exploitation du lieu, que les associations assureraient. Les subventions sont demandées à la région et à l'État, mais aucune décision d'attribution n'a été prise. Les options B et C ont été chiffrées sur la base d'un terrain dégagé. La commune dispose cette année de 1 000 000 € de capacité d'investissement non affectée ; toute dépense supérieure obligerait à renoncer à d'autres projets ou à emprunter.

Une décision de principe est nécessaire avant la fin de l'année : sans travaux de toiture, la dégradation de la charpente s'accélérera, et le coût de remise en état augmentera d'autant. Aucune option ne comprend à ce jour le coût de cette mise hors d'eau.

Document 2. Tribune du collectif « La Halle en commun » (extrait du Mensuel de la Vèze)

Depuis sept ans, la halle des Messageries est un trou dans la ville : on passe devant sans la voir, comme devant un décor que l'on a oublié de démonter. Notre collectif, « La Halle en commun », veut en faire un lieu où l'on se croise. Il réunit déjà sept associations : un café-réparation, une ressourcerie, un atelier de couture, deux compagnies de théâtre, une chorale et un club de jeux de société. Aujourd'hui, elles se partagent trois salles prêtées en soirée, et chacune attend un toit.

Notre projet n'est ni un caprice ni une vitrine. Il est ouvert à tous, gratuit à l'entrée, et il s'adresse en particulier aux jeunes, qui n'ont aucun endroit où aller après les cours. Notre pétition a recueilli 2 300 signatures en trois semaines. Nous nous engageons à couvrir nos charges de fonctionnement d'ici trois ans, grâce à une buvette, à des locations de salle et à des ateliers payants.

On nous demande : « Où est l'argent ? » Nous répondons que les subventions viendront si la commune montre l'exemple. Quand une ville croit à un lieu, les financeurs la suivent ; quand elle hésite, ils attendent. Nous ne prétendons pas que tout soit réglé. Nous disons que, si le conseil dit non aujourd'hui, il n'y aura pas de projet demain, et que laisser le bâtiment pourrir ne ferait économiser personne : l'eau, elle, ne vote pas, et elle continue d'entrer.

Un lieu commun ne se décrète pas : il se construit avec ceux qui s'en servent. Nous sommes prêts à le faire, dès le premier jour.

Document 3. Lettre à Monsieur le maire de M. Lucien Fabre, boulanger

Monsieur le maire,

Je tiens la boulangerie de la rue de la Gare depuis vingt-deux ans. Je ne suis pas contre les jeunes, ni contre les associations : je les sers tous les jours. Mais depuis que la place du marché est devenue piétonne, mes clients n'ont plus nulle part où se garer. Pour une baguette, personne ne marche dix minutes. Mon chiffre d'affaires baisse un peu chaque trimestre depuis deux ans ; je ne vous dirai pas que le stationnement en est la seule cause, mais il en est une.

Un parking près de la gare, c'est de la clientèle qui revient et des voyageurs qui n'encombrent plus nos rues. Trois autres commerçants de la rue m'ont dit la même chose, mais je n'ai fait aucun relevé et je ne parle ici qu'en mon nom. Je ne suis pas ingénieur et je ne sais pas si l'on peut le construire dans cette halle ; je constate seulement qu'à mon âge, on apprend à se méfier des projets qui n'ont pas de budget.

Je crains aussi le bruit : des soirées de théâtre et une buvette ouverte jusqu'à minuit sous les fenêtres des riverains, ce n'est pas rien. On me répondra que le projet est beau ; je veux bien le croire, mais un beau projet que la commune ne peut pas financer reste un projet. Si l'on vend plutôt à un promoteur, qu'on lui demande au moins de prévoir des places de stationnement ouvertes au public.

Je vous prie de croire, Monsieur le maire, à mes salutations respectueuses.

Lucien Fabre

Document 4. Avis des architectes-conseils (extrait)

Nous avons examiné la halle à la demande du service de l'urbanisme. La charpente métallique de 1928 est un élément de patrimoine repéré par le plan local d'urbanisme comme devant être protégé : sa démolition est interdite. Les murs en briques, en revanche, peuvent être modifiés.

Les conséquences sont nettes. Un parking de 120 places ne peut pas être aménagé en rasant la halle ; il faudrait l'installer dans le volume existant, ce qui suppose des travaux que nous n'avons pas chiffrés et réduirait sans doute le nombre de places. Un promoteur pourrait conserver la charpente et construire dessous, mais l'estimation de 1 100 000 € repose, à notre connaissance, sur un terrain libre : elle devrait être revue à la baisse, sans que nous puissions dire de combien.

La toiture est le point le plus urgent. Les fuites actuelles sont limitées, mais l'eau attaque les assemblages de la charpente. Une mise hors d'eau serait nécessaire quelle que soit l'option retenue, y compris en cas de vente. Nous ne pouvons pas dire aujourd'hui ce qu'elle coûterait, ni qui la paierait.

Enfin, une halle de cette taille, si elle accueille du public le soir, devra répondre à des normes de sécurité et d'accessibilité : l'option A suppose que le devis de 2025 les ait prises en compte, ce que nous n'avons pas pu vérifier.

Votre tâche

Vous disposez de 150 minutes. À titre de repère : 20 minutes pour lire le dossier et le comprendre, 15 pour le plan, 70 pour écrire, 20 pour relire en plusieurs passes, 25 pour préparer et enregistrer l'oral. Tout votre texte et tout votre oral sont en français.

Partie 1. L'éditorial (dans la case ci-dessous). Un texte structuré de 700 à 800 mots, titre compris : un titre, une introduction qui pose une problématique et annonce le plan, deux ou trois parties qui avancent, une conclusion qui répond à la question. Une thèse nette, assortie de conditions. Les mots sont séparés par des espaces ; un nombre comme 1 000 000 compte pour un mot ; la ponctuation ou un symbole isolé (:, ;, %, €) ne compte pas ; l'eau ou qu'il comptent pour un mot. Ne recopiez aucune phrase du dossier : attribuez, reformulez, et apportez au moins un argument ou un exemple qui n'y figure pas.

Notes de relecture (sous l'éditorial, trois lignes au plus, non comptées). Trois changements que vous avez faits à la relecture (coupe, précision ou correction), et pourquoi.

Partie 2. L'exposé et la réponse à l'objection. Enregistrez-vous (téléphone), sans lire un texte rédigé. D'abord, un exposé de quatre minutes (entre 3 min 30 et 4 min 30) : reformulez la question, annoncez votre position et votre plan, développez-la avec deux ou trois arguments, dont un qui vous est propre, et concluez par une proposition concrète. Puis, sans interrompre l'enregistrement, répondez en une minute (entre 45 secondes et 1 min 15) à l'objection du journaliste, que vous lisez d'abord à voix haute :

« Vous demandez à un conseil municipal de s'engager sur des chiffres que personne n'a garantis. Un budget ne se vote pas sur des espoirs : pourquoi prendrait-il ce risque ? »

Écoutez votre enregistrement avant de vous noter.

Vérification du raisonnement

Calculs et choix de jugement, corrigés au fur et à mesure.

Petit quiz

Touchez une réponse pour vérifier.

  1. Le document 1 chiffre le parking à 600 000 euros et la vente à 1 100 000 euros « sur la base d'un terrain dégagé ». Le document 4 indique que la charpente de 1928 est protégée et ne peut pas être démolie. Quelle phrase de votre éditorial est la plus juste ?

    Afficher la réponse

    Ces deux chiffrages reposent sur un terrain dégagé : tels quels, ils ne sont plus fiables.. on tire du dossier ce qu'il établit, ni plus (« impossible »), ni moins (« tout va bien »).

  2. Le collectif écrit : « Nous nous engageons à couvrir nos charges de fonctionnement d'ici trois ans. » Quelle formulation convient dans l'éditorial ?

    Afficher la réponse

    Le collectif s'engage à couvrir ses charges d'ici trois ans, sans en apporter la preuve chiffrée.. le verbe doit dire la solidité : un engagement s'attribue, il ne se transforme pas en fait.

  3. Quel passage donne à M. Fabre le traitement le plus honnête avant de lui répondre ?

    Afficher la réponse

    « M. Fabre ne dit pas que le stationnement explique tout, et il a raison sur l'essentiel : sans places, un centre-ville perd ses commerces. La halle n'est cependant pas la réponse à son problème. ». peser les deux côtés, c'est donner à l'objection sa meilleure version, concéder ce qui est juste, puis répondre.

  4. Quelle accroche convient le mieux à l'éditorial d'un mensuel local ?

    Afficher la réponse

    « Il y a des bâtiments qui attendent qu'on les regarde. ». un éditorial s'adresse à des lecteurs et commence par une image ou une idée, non par un mode d'emploi.

Repérez l'erreur

Une phrase est fausse. Touchez-la.

  1. Dans cette relecture, quelle phrase contient une faute ?

    Afficher la réponse

    Les subventions que la commune a espéré n'ont pas été accordées.. avec avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct placé avant le verbe.

Repérez l'erreur

Une phrase est fausse. Touchez-la.

  1. Dans une relecture professionnelle, quelle phrase est à couper ou à resserrer en priorité ?

    Afficher la réponse

    Il est tout à fait important de bien noter et de bien garder en tête le fait que, finalement, la halle a quand même un problème de toit.. éditer, c'est enlever les mots qui ne portent ni fait ni idée, et garder les phrases qui donnent un chiffre, un exemple ou une nuance.

Évaluez votre travail

Pour chaque critère, choisissez la description qui correspond à ce que vous avez écrit, non à ce que vous vouliez dire. Soyez strict avec vous-même : le corrigé vient ensuite.

Problématique, plan et progression
Exploitation exacte du dossier
Parti pris nuancé : peser les deux côtés
Écrire pour cette culture : registre et naturel
Éditer comme un professionnel
Exposé oral et réponse à l'objection